Annales des Mines (1890, série 8, volume 17) [Image 135]

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NOTICE NÉCROLOGIQUE

conçut l'idée de ce qu'il appelait familièrement sa finrule (*):

« Nous ne regretterons fias les heures que nous a coûs'il de. tées ce petit volume, lit-on dans la préface, des amis d'une science aussi vient le fidèle compagnon salutaire au corps que douce à l'esprit, science charmante qui nous procure sans cesse d'agréables délassements et dont nous souhaitons faire partager à d'autres les pures et faciles jouissances. » Naturellement, ce travailleur infatigable avait apporté à l'étude de la botanique ses qualités habituelles de méthode, de sagacité etde finesse d'observation, et le succès vint couronner son

excursion hors du domaine direct de l'ingénieur des mines. Son guide de l'herborisateur parisien, publié en 1859, conquit bientôt une réelle popularité et il dut faire cinq éditions successives de cette oeuvre de patience, qu'il ne cessait d'améliorer avec sa probité native. En voici, du reste, le plan, tel qu'il l'a exposé lui-même « Les difficultés que rencontrèrent nos premières études, les mécomptes dont les commençants nous rendirent si souvent témoin, nous ont engagé à faire un petit

volume de poche offrant les avantages de ceux qui l'ont précédé, sans en avoir les inconvénients. Une série de doubles questions (méthode dichotomique) y conduit progressivement aux noms d'ordre, de genre, d'espèce, et, si le lecteur s'est égaré dans sa marche, la description de la plante qu'il croit avoir trouvée l'avertit de sa mé-

prise. Les caractères adoptés dans nos clés dichotomiques ont toujours été choisis parmi ceux qui frappent les yeux les moins exercés. La loupe et le sca,pel sont (*) Vade-mecum des herborisations parisiennes, conduisant sans maître, aux noms d'ordre, de genre et d'espèce, des plantes spontanées ou cultivées en grand dans un rayon de 25 lieues Parmi les collections de toute nature autour de Paris. qu'Eug. L. de Fourcy avait amassées dans sa villa de Sèvres, figure un magnifique herbier.

SUR LEFÉBURE DE FOURCY (EUGÈNE).

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des instruments de cabinet, qu'il faut à peu près exclure d'une promenade botanique. Aussi ne considérons-nous qu'à la dernière extrémité le fruit, organe d'un développement tardif et d'une observation minutieuse. La forme des feuilles, la taille de la plante, la couleur de la fleur, le nombre des étamines ou des styles sont, au contraire, des caractères très faciles à saisir ; c'est à ceux-là que nous nous sommes attaché de préférence. Par un simple artifice de numérotage, nos clés laissent successivement apparaître les ordres, les genres et les espèces à

leur rang naturel, ce qui n'avait point encore été fait jusqu'ici...

Elles s'appliquent exclusivement aux plan-

tes comprises dans les limites de la flore parisienne c'est-à-dire dans un rayon de vingt-cinq lieues. Employées

hors de ces limites, elles pourraient induire en des erreurs dont il serait injuste de les rendre responsables. »

Comment se fait-il que cet ingénieur à tous égards excellent, entré si jeune et si brillamment à l'École po-

lytechnique et aussi dans le corps des mines, ne soit point arrivé au grade le plus élevé de ce corps? C'est qu'il n'a point été servi par les circonstances, qu'il s'est heurté à deux applications du principe fondamental, pour

toute administration, de la subordination nécessaire et inévitable des questions de personnes à la question du personnel. Ainsi, en prenant le service municipal des anciennes carrières-sous-Paris, Eug. L. de Fourcy était en droit d'espérer qu'il pourrait y obtenir, à l'instar de ses prédécessenrs, un avancement régulier, c'est-à-dire conserver son service et, par suite, la résidence de Paris à, laquelle il tenait peut-être outre mesure, en même temps que son élévation de grade. En effet, Trémery, Migneron, Allou, Poirier Saint-Brice, qui l'avaient précédé

comme ingénieurs ordinaires dans ce service, y étaient restés ingénieurs en chef à leur rang d'ancienneté, alors