Annales des Mines (1889, série 8, volume 15) [Image 259]

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NOTICE HISTORIQUE.

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L'ÉCOLE DES MINES DE PARIS.

sations du Directoire. Hommes de bien, modestes, sans

ambition aucune, tous trois ont rendu les plus grands services ; ils ont été tous trois, dès l'aurore de l'organisation de notre administration, les dignes modèles de tous les sentiments qui ont fait depuis l'honneur et la force du corps des mines (*) L'agence créée et constituée, un arrêté du Comité de Salut public du 6 juillet 1794 (18 messidor an II), en conformité de celui pris cinq jours auparavant, organisa le corps des mines et posa les bases de l'institution d'une nouvelle École des mines. Il devait y avoir, sous l'autorité de l'agence des mines, huit inspecteurs, douze ingénieurs subordonnés aux inspecteurs, et quarante élèves attachés aux inspecteurs et ingénieurs pour leur servir d'aides. La liste des premiers inspecteurs et ingénieurs devait être dressée par l'agence et approuvée par le Comité de Salut public ; ils devaient être choisis parmi les anciens inspecteurs ou ingénieurs, ou parmi les direc-

teurs des travaux de mines ou autres personnes ayant les connaissances nécessaires pour en remplir les fonctions (art. 2) (').

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Les élèves devaient être nommés à la suite d'un examen public où l'on devait faire preuve de connaissances relatives à la métallurgie, à la docimasie et à l'exploitation des mines (art. 2).

En réalité, l'École que prévoyait l'arrêté n'était pas instituée à proprement parler pour les élèves déjà entrés dans le corps ; ceux-ci étaient appelés à s'y former sous la conduite et la direction des ingénieurs et inspecteurs ; l'École paraissait destinée plutôt aux personnes qui voulaient se familiariser avec les connaissances de l'art des mines et de la métallurgie et notamment aux jeunes gens qui désiraient concourir pour les places d'élèves des mines. En effet, d'après l'art. 17, les inspecteurs, qui devaient passer à Paris quatre mois d'hiver à partir du 30 vendémiaire, devaient, du 16 brumaire jusqu'au 14 pluviôse, faire

dans la maison destinée à l'agence et à la conférence des mines, c'est-à-dire aux réunions bidécadaires des inspecteurs et ingénieurs (*), des cours publics et gratuits sur 1° la minéralogie et la géographie physique ('); 2° l'extraction des mines ; 3° la docimasie ou l'essai des mines ; 4° la métallurgie ou le travail des mines en grand. Il de-

(*) Monnet (ms. : Essai historique sur les mines) pense que le choix du Comité de Salut public s'était fait sur les indications de Hassenfralz qui, en plaçant dans l'agence deux de ses anciens élèves, Lelièvre et Lefebvre espérait la dominer. En quoi, fait observer Monnet, il s'est bien trompé. Mais aussi quelle diffé-

(*) Monnet (ms. : Essai historique sur les mines) dit que la conférence se réunissait les mercredi et dimanche et qu'on était mis à l'amende quand on manquait aux séances. (**) Sous ce nom apparaît pour la première fois la science, encore à l'état plus que rudimentaire, qui allait bientôt devenir la géologie et dont la moindre trace ne paraît pas avoir existé dans

bruyante et la bassesse de l'autre ! Monnet, devant qui personne ne semble avoir trouvé grâce

l'école de Sage.

rence entre la modestie et la droiture des uns,

l'agitation

dans ses manuscrits, n'a pas un mot dur ou amer contre

les

trois membres de l'agence, encore qu'il leur ffit subordonné. (*") Cette première liste était ainsi constituée à la date du 6 octobre 4794 Inspecteurs : Guillot-Duhamel père, Monnet, Hassenfratz, Fanjas de Saint-Fond, Schreiber, Vauquelin, Baillet du Belloy (1 place

restée vacante que paraît avoir occupée Picot de la Peyrouse). ingénieurs. Guillot-Duhamel fils, Lenoir, Miché, Laverrière, Odalin, Girond, Blavier, Anfry, Muthuon, Mathieu (de Valenciennes), Mathieu (de Moulins), Brongniart (Alexandre).

Le mot de géologie avait bien été employé antérieurement en France, mais avec un sens différent de celui qu'il devait avoir plus tard. Dans le mémoire des officiers du Jardin des Plantes annexé à la séance du 20 août 1790 (Arch.parlement., t. XVIII, p. 185) de l'Assemblée constituante, on relève parmi les douze chaires dont on proposait la création, une chaire « pour un cours de géologie et pour l'instruction de naturalistes voyageurs ayant pour objet : la théorie générale du globe et plus particulièrement celle des montagnes, les notions topographiques nécessaires aux voyageurs pour reconnaître et recueillir les productions natu-