Annales des Mines (1886, série 8, volume 9) [Image 321]

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RAPPORTS

DE LA COMMISSION PRUSSIENNE DU GRISOU.

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parties des exploitations, ne présentant pas de vieux travaux. On a choisi pour cela, au puits Gemeinschaft, des travaux préparatoires de la couche Grosslangenberg au niveau de 430 mètres et un quartier d'exploitation encore récent de la couche Meister. Les résultats de ces six séries d'expériences sont donnés par les tableaux graphiques de la planche XVII (fig. 2 à7). L'auteur du rapport, M. Hilt, croit que ces expériences démontrent d'une façon certaine l'influence des varia-

proportion du grisou d'un jour à l'autre, et même d'une semaine à l'autre (fig. 3 et 5), sont beaucoup moins brusques que dans le courant IId (fig. 2 et 4).

tions de la pression atmosphérique sur le dégagement

gage; ce fait serait exact si le grisou se répandait dans un milieu plein d'air d'après les mêmes lois que dans le vide, c'est-à-dire s'il s'y distribuait de suite d'une façon uniforme ; mais les choses ne se passent pas ainsi, et, comme on l'a vu plus haut, il s'écoule un laps de temps assez long avant que la diffusion ne soit complète ; l'air oppose donc une certaine résistance à la sortie du gqz, et cette résistance doit être plus ou moins grande selon

du grisou. Cette influence apparait nettement dans les expériences faites sur le courant Id de la mine Ath-Gouley, peu. dant le mois de septembre 1885 (Pl. XVII, fig. 3), et surtout dans les observations faites à cette mine du lias 17 octobre (Pl. XVII, fig. 5).

Les résultats obtenus avec le courant partiel II d del mine Gemeinschaft, pendant le mois de septembre, seni. blent moins concluants (Pl. XVII, fig. 2), mais la pression atmosphérique y avait peu varié pendant ce temps, et les

observations faites du 5 au 10 octobre (fig. 4) montrent que d'importantes variations de pression ont eu là Missi une influence sensible sur le dégagement du grisou. Enfin les deux dernières séries d'expériences (Pl. XVII, fig. 6 et 7) ont montré que cette influence s'exerce aussi

quand les travaux sont peu développés, et qu'il n'existe pas de vieux travaux ; le grisou doit se dégager alors

directement du charbon lui-même en plus ou mei grande quantité. Dans les conditions, au contraire, où ont été faites premières séries d'observations, les nombreux vides vieux travaux de la mine forment un grand réservoir, Où s'accumule le grisou, et qui agit ensuite comme

régulateur.

On voit, en effet, que, dans le courant Id, qui corresponJ aux espaces vides les plus vastes, les variations dans

M. Hilt explique de la façon suivante comment la pression atmosphérique peut influer sur la quantité de grisou qui se dégage du charbon Dans un article sur la pression du grisou dans la houille, M. Mallard a admis que l'air, ne contenant pas de grisou, exerce une pression nulle sur le gaz qui se dé-

que la pression atmosphérique augmente ou diminue. En outre, l'air, de'jà chargé du grisou, oppose certainement une résistance au dégagement du gaz, comme M. Mallard l'admet lui-même ; cette résistance doit augmenter ou diminuer avec la pression de ce gaz dans l'air,

et celle-ci varie dans la mine en même temps que la pression atmosphérique. Il faut remarquer du reste que, si la proportion du grisou dans l'air augmente quand la pression atmosphérique s'abaisse, cet accroissement doit agir à son tour pour ralentir le dégagement de nouveau gaz.

Il faut tenir compte enfin d'une troisième cause,

dont l'effet est probablement prédominant : M. Mallard compare l'écoulement du gaz contenu dans le charbon à celui de l'eau qui se trouve dans des couches perméables. Cette comparaison n'est qu'en partie exacte : le charbon n'est pas perméable pour le grisou comme des couches Poreuses le sont pour l'eau ; le grisou y est plutôt, au