Annales des Mines (1882, série 8, volume 2) [Image 184]

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DES COUCHES DE CHARBON DU TONG-KING.

EXAMEN DE LA FLORE FOSSILE

tous se ranger dans le trias, ou bien si, au contraire, l'étage de Damuda, plus élevé que celui de Talchir, devait être regardé, à cause de sa richesse en Glossopteris et de ses Phyl.

lotheca, comme l'équivalent des couches de charbon

de

Newcastle.

La première opinion paraissait toutefois la plus admissible et ne soulevait aucune difficulté sérieuse, l'analogie entre les couches de Da:muda et celles de Newcastle étant, en

somme, plus apparente que réelle, car, si les types génériques sont les mêmes, les formes spécifiques, à l'exception du Glossopteris Browniana (*), ne sont pas identiques. C'est

à cette conclusion que s'était arrêté, dès 1878, M. Feistmantel (**), et les observations stratigraphiques ultérieures paraissent lui avoir donné pleinement raison. M. Wilkinson, chargé de l'exploration géologique de

la Nouvelle-Galles du Sud , a reconnu en effet, à la

base des couches de Hawkesbury,, des conglomérats particuliers, renfermant des blocs roulés ou anguleux, qui semblent avoir une origine glaciaire et conduisent à assimiler définitivement ces couches à celles de Bacchus-Marsh où M. Daintree a reconnu des dépôts semblables (***). Or M. Blanford a constaté de même, à la base de l'étage de Talchir, la présence de galets et de blocs de

toutes dimensions noyés dans des lits argileux ou sableux à éléments fins ; plusieurs de ces blocs avaient leur surface parfaitement polie et présentaient, ainsi que les roches sous-jacentes plus anciennes (Vindhyan series), des stries parallèles qui ont fait conclure également à une action glaciaire (****).

(1 On a vu plus haut (p. 316) que le G. Browniana de l'Inde pouvait bien, en réalité, différer, même génériquement, de celui de l'Australie.

(") Clarke, loc, cit., p. in. ("*) Feistmantel, Becords of the Geol. Survey of India, t.

1880, p. 250. (*e") Blanford, Memoirs of the Geol. Survey o f India, t.1X , p.(324).

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Ces observations sont de nature à confirmer absolument les déductions tirées de la paléontologie, et quelle que soit la Cause qui a présidé à la formation des dépôts dont je viens de parler, il semble qu'ils doivent être rapportés tous à la même époque : on peut donc regarder comme établie la contemporanéité de l'étage de Talchir, dans l'Inde, des Bacchus-Marsh sandstones et des Hawkesbey lieds, en Australie, ces trois systèmes venant, suivant

toute vraisemblance, se placer à la base du trias ou tout au moins au sommet clu permien ; les étages suivants des Lower Gondwcinas, Karharbari, Damuda et Panchet (*) , représentent les parties plus élevées de la formation triasique, tandis que les Newcastlebeds, en Aus-

avec les couches marines sous-jacentes jusqu'à celles à Rhacopteris inclusivement, correspondent à la

tralie,

série permo-carbonifère prise dans son ensemble (**) On voit que les objections tirées de l'analogie de la flore de Damuda avec celle de Newcastle contre l'âge attribué à

la première sont maintenant écartées, et par une étude paléontologique plus approfondie, et par les observations stratigraphiques : les Lower Gondwcinas représentent bien le trias, et les relations que présente avec leur flore celle des couches de charbon du Tong-King n'ont rien d'incompatible, au contraire, avec la présence, dans ces couches, de nombreuses espèces rhétiennes. (*) Il ne serait pas impossible cependant que l'étage de Panchet dût être regardé déjà comme supratriasique et correspondant au rhétien, à en juger par la présence des Pecopteris concinna, Tmnionteris M' Clellandi et T. cf. stenoneura; mais la flore n'en est pas assez complètement connue pour permettre à cet égard une assertion positive, les fossiles animaux indiquant plutôt le trias.

() Dans un travail récent, M. Wilkinson a classé provisoirement dans le permien les couches de Newcastle et y a signalé la présence de fossiles du genre Estheria (Congrès géologique international. Compte-rendu de la 2' session, Bologne, 1881, p. 236. Mémoire sur la géologie de la Nouvelle-Galles du Sud, par M. C S. Wilkinson).