Annales des Mines (1881, série 7, volume 20) [Image 57]

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A L'ÉTABLISSEMENT THERMAL DE BOURBONNE.

RÉFRIGÉRATION ARTIFICIELLE DE L'EAU MINÉRALE

NOTICE SUR L'ORGANISATION DU SERVICE D'HIVER ET SUR

LA. RÉFRIGÉRATION ARTIFICIELLE DE L'EAU MINÉRALE A L'ÉTABLISSEMENT THERMAL DE BOURBONNE Par M. TRAUTMANN, ingénieur en chef des mines.

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madriers et des croix de Saint-André, ont été placés sut le sol en ciment des combles dans la partie méridionale au-dessus des cabinets à alimenter : l'un pour l'eau minérale chaude, l'autre pour l'eau minérale refroidie ; le premier a une section de 2m,20 sur im,Lio ; le second, de 4.m,2o sur im,45. Ils sont placés au même niveau, et l'eau dans chacun d'eux

peut atteindre un mètre de hauteur, ce qui donne pour l'un 5"'3,o8o et pour l'autre 6m3,006 de capacité. En supposant les deux remplis une fois par jour, il y a assez d'eau pour donner au moins 3o bains ou douches, ce qui est pour le moment largement suffisant en dehors de la saison thermale, et le sera sans doute encore pendant longtemps.

Les plans de reconstruction des bains de 1" classe à l'établissement thermal de Bouchonne, approuvés par l'administration, portent qu'un service d'hiver devait être organisé pour les cabinets de la moitié ouest de la façade des

bains de i" classe. Cette partie des thermes comprend, au rez- de-chaussée, 6 cabinets de bains et 4 cabinets de douches ; au premier étage, 2 cabinets de bains et 4 cabinets de bains Tivoli, en tout 16 cabinets à desservir. La saison thermale commence officiellement le 15 avril et finit le 15 octobre, l'organisation du service dit d'hiver devrait donc fonctionner pendant six mois ; mais en réalité on s'en sert plus longtemps, car avant le 15 mai et après le 1" octobre il n'y a eu jusqu'à présent que peu de baigneurs. Pour les quelques bains ou douches à donner par jour pendant ces sept à huit mois, il ne fallait pas songer à se

servir des grandes pompes et des grands réservoirs du coteau du parc des thermes ; une organisation spéciale était

nécessaire, et voici celle que nous avons installée pour l'hiver 1879-188o et qui fonctionne depuis. Deux réservoirs en cuivre, soutenus et consolidés par des

Il fallait s'abstenir de chercher à laisser l'eau minérale se refroidir naturellement dans le réservoir destiné à l'eau refroidie; pour cela il eût fallu de plus grandes surfaces, et la place manquait complètement ; de plus, ces émanations, ces buées de l'eau minérale détériorent rapidement les combles, les charpentes du bâtiment, et ce sont elles qui ont été la cause principale de l'état de ruine dans lequel

était tombé l'établissement qu'on vient d'abattre. Nous avons donc eu recours à une réfrigération artificielle et, pour éviter toute espèce de vapeur dans les combles, les deux réservoirs sont hermétiquement fermés avec des couvercles en zinc, et sur chacun de ces couvercles est soudé

un tuyau en zinc traversant la toiture pour porter au dehors les émanations de l'eau minérale chaude ou refroidie. Pour s'assurer du niveau de l'eau dans les deux réservoirs,

chacun de ceux-ci porte extérieurement un tube en verre indicateur du niveau. L'eau pour l'alimentation de ces réservoirs est puisée dans

le sondage n° iS, foré en 1875 sur l'emplacement de l'ancien puisard romain ; ce sondage est dans l'intérieur du bâtiment, et sa tête débouche dans une chambre donnant sur les galeries de distribution régnant sous l'établisse-