Annales des Mines (1879, série 7, volume 16) [Image 297]

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ET DES ENVIRONS.

SOURCES MINÉRALES DE VICHY

transport du plateau, les marnes lacustres en lits horizontaux.

Origine des eaux.

Causes des différences aine

l'on observe dans leur minéralisation, dans les proportions relatives de leurs principes minéralisateurs et dans leur thermalité.

Tout porte à croire que les eaux thermales et, en particulier, celles qui nous occupent ici s'élèvent, en suivant les cassures de l'écorce terrestre, des entrailles mêmes du globe, d'où elles se dégagent à l'état de vapeurs, pour se condenser ensuite en se refroidissant, à mesure qu'elles se rapprochent de la surface. Quelques-unes de ces cassures traversent la croate solide dans toute son épaisseur, ou communiquent au moins avec l'atmosphère par un certain nombre de cheminées naturelles ; une partie des eaux qui y circulent s'élève directement jusqu'au jour : ces eaux sont celles qui conservent le mieux leur chaleur initiale ; elles donnent lieu aux sources thermales proprement dites, telles que le Puits-Carré, la GrandeGrille, Lucas, l'Hôpital, qui sont d'autant plus chaudes que le cours d'eau 'ascensionnel a un plus grand débit et qu'il est en contact par une moindre surface avec les roches encaissantes, c'est-à-dire que son lit souterrain, si l'on peut s'exprimer ainsi, ressemble davantage à une cheminée unique, cylindrique et verticale. D'autres cassures, ne communiquant pas directement avec l'atmosphère, dé-

versent leurs eaux dans les couches perméables de la formation lacustre ; on doit admettre, en outre, que les cours d'eau ascensionnels qui alimentent les sources thermales sont en partie dérivés à la traversée de ces mêmes assises, comme il arrive pour certaines rivières, aux points où elles rencontrent des affleurements de couches perméables absorbantes : ainsi se forment des nappes sensiblement horizontales ; dès que l'on y enfonce la sonde, à travers

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les assises de marne et d'argile superposées, l'eau minérale s'élève dans le forage ; émulsionnée, transformée en une écume légère par -le gaz carbonique qui se dégage partiellement de sa dissolution, elle jaillit à la surface : on obtient ainsi les sources artificielles, telles que les sources du Parc, Lardy, de Mesdames, Sainte-Marie, Elisabeth, d'Hauterive, etc., dont la température varie surtout avec le débit, avec la distance du trou de sonde aux centres d'émission d'eau chaude où la nappe s'alimente, enfin avec les conditions dans lesquelles se trouve cette nappe ellemême au point de vue du refroidissement, c'est-à-dire avec sa profondeur au-dessous du sol, l'activité de sa circulation, etc. Ces propositions générales sont presque évidentes ; mais on éprouve de grandes difficultés, lorsque l'on cherche à connaître avec précision les accidents géologiques auxquels les sources doivent spécialement leur existence. Murchison, dans un mémoire déjà cité plus haut (p. 535), a émis l'opinion que les principales sources naturelles les Célestins, l'Hôpital, la Grande-Grille et le Puits-Carré

sourdent d'une même fracture rectiligne dirigée du , c'est-à-dire parallèlement à la dépresS.-S.-E. au sion où coule l'Allier et qui correspondrait elle-même à une cassure, parallèlement aussi au grand axe de la chaîne du Forez : cette fracture se serait produite à l'époque de

l'apparition des domites, des trachytes et des premiers basaltes.

La donnée fondamentale de cette théorie est le fait de l'accident que présentent les assises calcaires du rocher des Célestins, que l'on voit passer brusquement de l'horizontalité à la verticalité, le contact s'effectuant suivant un » plan vertical dirigé du S.-S.-E. au

M. l'Ingénieur en chef Baudin, dans un rapport présenté, en 1 8 5 , sur le projet d'attribution d'un périmètre

de protection aux sources de Vichy, a fait remarquer que