Annales des Mines (1879, série 7, volume 16) [Image 109]

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PROGRÈS RÉCENTS DE L'EXPLOITATION DES MINES

M. Tommasi a proposé, sous le nom de moteur hydrothermique,

une machine à huile dont le générateur est chauffé par la vapeur d'échappement d'un moteur ordinaire, ce qui rattacherait en quelque sorte cette conception aux machines à vapeur combinées. Les avantages qu'il en attend sont la petitesse du générateur, qui est d'un litre par force de cheval, et le peu de danger des explosions, puisque le liquide n'est susceptible que d'une dilatation insignifiante (1).

M. Foilard a également donné le projet d'un moteur analogue

fondé sur la dilatation des liquides (2).

Machines solaires. Le soleil est, comme on l'a fait remarquer à juste titre, la source première de toutes les énergies dynamiques qui se développent à la surface de la terre. Sans parler du rôle qu'il a joué à l'époque houillère et dont nous recueillons aujourd'hui les fruits, ainsi que de l'évaporation marine qui entretient

les chutes d'eau, cet astre déverse journellement sur notre planète une quantité prodigieuse de chaleur qui serait un réservoir inépuisable de travail le jour où l'on saurait la capter en vue de cette destination. Cette application a attiré depuis longtemps des investigations persévérantes (5). On trouve un premier essai de

ET DE LA CONSTRUCTION DES MACHINES A VAPEUR.

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rait à l'Exposition du Trocadéro. [1 consiste en un grand réflecteur tronc-conique monté à la manière d'un héliostat et condensant la

chaleur sur une ligne focale située suivant L'on axe de figure et occupée par une petite chaudière noircie. Une enveoppe de verre augmente l'action calorifique, d'après l'influence bien connue qui lui est propre pour retenir la chaleur obscure après avoir été traversée par l'irradiation directe. Indépendamment de la production du travail dynamique, M. Mouchot a destiné son appareil à des applications purement techniques de toutes sortes. L'une des plus intéressantes est celle qui emploie l'insolation la plus ardente à la production de la glace au moyen d'un appareil Carré (i). Ai-je besoin, en terminant ce chapitre, de redire comme au commencement que, sauf les machines à gaz, à air chaud, et peut-être le moteur à ammoniaque, toutes les autres machines à feu sont aujourd'hui à peu près abandonnées ou du moins sans aucun rôle industriel sérieux pour les ingénieurs des compagnies? Il n'en était pas moins utile, je pense, de passer en revue ces appareils auxquels on ne saurait refuser d'avoir beaucoup contribué à élargir et à préciser, en vue des applications, bien des idées relatives à la théorie mécanique de la chaleur.

machines solaires jusque dans les Pneumatiques de Héron d'Alexan.

drie. A partir du xvie siècle, Porta, Drebbel, Fludd, Salomon de Caus, Martini, le P. Kircher, Milliet de Châles, Bélidor, du Caria, de la Cliche, Olivier Évans, et de nos jours Ericsson, le capitaine Deliancourt, l'abbé Allégret, le prince Romakoff, le docteur Haro, ont suivi la même voie. M. Mouchot est arrivé dernièrement à une application plus réelle qui a déjà donné des résultats pratiques. Son appareil figu(i) Les mondes, tomes XXX, page 494, et XXXVIII, page 589. Revue universelle des mines et des usines, (orne XXIV, page 409. Aéronaute, mai 1871. Cazin, Revue des cours scientifiques, 19 février 1876.

Mouchot La chaleur solaire et ses applications industrielles, Paris, Bauthier-Villars, .869, avec un intéressant historique de la question. Comptes rendus de l'Académie des sciences, tomes LXXXI, page 57., et LXXXVI, page 1019.

Les récepteurs solaires, par Abel Piffre (Annales industrielles, .879. Conférence de RI. Abel Piffre au Trocadéro (Comptes rendus sténographiques, etc., 25 août 1878, Imprimerie nationale). Engineering, 3. décembre 1875, page 511. Engineer, ig janvier 1879, page 39. Bulletin de la Société des sciences de Nancy, 2° série, tome III, page 91.

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§ XVI.

Machines à air.

Parmi les appareils fondés sur Moteurs à air comprimé. l'emploi de l'air, il y a lieu de distinguer les moteurs et les opérateurs. Dans les premiers, l'air sert à utiliser l'énergie dynamique sous les trois formes dont elle est susceptible, à savoir : la chaleur, le travail potentiel et la force vive. Le premier mode donne naissance aux machines à air chaud dont j'ai déjà parlé (p. 185) et sur lesquels je n'ai pas à revenir. Le second fournit les moteurs à air comprimé, et le troisième les moteurs éoliens. Les moteurs à air comprimé (2) ont, en principe, un mécanisme (.) Buchwalder, Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. LXXXVIII, p. 555.

(s) Mallard Étude théorique sur la machine à air comprimé (Bulletin de la Société de l'industrie minérale, tome XII, page 6.5). Pernolet L'air comprimé et ses applications, pages 37 et 532, Poehet : Nouvelle mécanique industrielle, page 230. Mémoire de M. Cornet. Mativa : Compresseurs (Revue universelle des mines et des usines, a' série, tome III, page 668. Devillez

Percement du tunnel sous les Alpes el emploi des machines