Annales des Mines (1879, série 7, volume 16) [Image 90]

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ET DE LA CONSTRUCTION DES MACHINES A VAPEUR.

PROGRÈS RÉCENTS DE L'EXPLOITATION DES MINES

l'aspiration et le refoulement se correspondent inversement d'une pompe à l'autre. De petites bielles actionnent les balanciers de contre-poids.

M. Kley a cherché à remédier à l'un des principaux inconvénients des machines de rotation, qui est de ne pouvoir, quand cela devient nécessaire, marcher doucement sans risquer de s'arrêter au point mort, malgré l'augmentation du moment d'inertie des volants, qui est d'ailleurs fâcheuse par elle-même. La machine Kley

(i)

est à la fois à volant et à cataracte. Son jeu est intermittent. Le volant, très-léger, ne sert qu'a régulariser la course et s'arrête

après chaque tour, jusqu'à ce que le fonctionnement de la cataracte remette le système en marche. Les choses sont disposées pour que

l'arrêt ne s'effectue pas sur le point mort de la manivelle.

Un

moteur de ce système fonctionne à la mine de plomb de Nette Ilof-

fnung dans l'Eifel, et les ateliers de la Meuse, à Liége, en ont établi plusieurs autres pour la société de la Vieille-Montagne.

Il faut citer de même les machines d'épuisement du système Guinotte dans lesquelles on modifie l'action du volant suivant la vitesse que l'on veut donner aux pompes (2). § XIII.

Types spéciaux de machines à vapeur.

Machines compound. - L'un des courants d'opinion les plus marqués du mouvement actuel est celui qui introduit le type compound à peu près dans tous les genres d'applications. On rapporte à Bornblower (1781) la première idée de l'addition d'un cylindre spécial de détente. Les appareils qui le renferment portent encore aujourd'hui le nom du premier constructeur, Woolf (18ott), qui les ait réalisés. La dénomination de compound, qui en devient à peu près synonyme dans l'usage, désigne cependant plus spécialement les machines dans lesquelles un réservoir est rendu nécessaire par les conditions de la distribution entre le premier cylindre et les

autres. On a, en effet, parfois plus de deux cylindres, et on en a

vu jusqu'à cinq. En se bornant à deux cylindres, on rencontre bien des dispositifs différents. Quelquefois on assemble les tiges des pistons à une potence dont la tige est reliée au balancier. Les hauteurs des cylindres sont alors égales, les diamètres seuls diffèrent. D'autres fois, les tiges sont rattachées individuellement au balancier, et les courses (r) Crozet, Compte rendu mensuel, 5 mai 1877, page 4o. (2) Baure, Compte rendu mensuel, mars 1878, page 55.

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sont inégales. Plus rarement on les met de part et d'autre de l'axe du balancier, afin de soulager les coussinets, qui supportent alors la différence et non la somme des efforts moteurs. Quand la machine est sans balancier, on actionne parfois, à l'aide des deux tiges, deux manivelles croisées à angle droit pour éviter les points morts. On a mis aussi les deux cylindres l'un sur l'autre suivant un même axe vertical, ou l'un au bout de l'autre sur un même axe horizontal.

On a également placé le petit cylindre dans l'intérieur du grand. Cette disposition a été employée, par exemple, dans les moteurs d'épuisement du lac de Harlem, suivant un même axe. Elle se voit aussi, mais avec des axes rectangulaires, dans les machines Claude Jobert (1)

Un type très-original a été proposé par at Max Westphal, et fonctionne dans les ateliers Iloppe à Berlin (2). Le cylindre est unique, mais il renferme trois pistons queje désignerai dans l'ordre

de leurs situations par A, B, C. A et C sont manoeuvrés par une tige unique s qui entre par le fond a et s'attache à A, et qui en même temps se bifurque au dehors, contourne le cylindre et vient rentrer par le fond opposé c en forme de tige creuse a' pour s'adapter à C. A et C marchent donc solidairement. Quant à B, il est sollicité par une tige pleine (3 engagée à l'intérieur de ' qui lui sert de fourreau. Les tiges s et (3 commandent des manivelles distinctes, et la distribution se fait par des excentriques convenables, la pleine pression, ainsi qu'une certaine détente, s'exerçant entre le fond a et le piston A (ou entre c et C d'après le double effet) et la détente complémentaire s'effectuant par le passage du fluide de ce compartiment dans l'espace qui règne entre A et B (ou entre C et B). Dans ces conditions l'espace compris entre B, et A

ou C, varie d'après la somme des vitesses des pistons, ce qui permet une plus grande rapidité cinématique de la variation de l'espace offert à la détente, sans y employer une aussi grande vitesse dynamique de la masse des pistons, avec les inconvénients que son excès pourrait entraîner. Tel paraît être le but de cette création compliquée, mais dans tous les cas ingénieuse. Les avantages du système compound, envisagé d'une manière générale et indépendamment du dispositif employé, sont nombreux (i) L'Aéronaute, juin 1879, page 152. (2) Westphal (Zeitschrift des Vereines Deutsche? Ingenieure, 1878, p.344).

Daniel Adamson, Journal of iron and steel Institute, août, septembre, octobre 1875.

Journal des mines, 1878, page 261.