Annales des Mines (1878, série 7, volume 13) [Image 239]

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TERRAINS.

REVUE DE GÉOLOGIE.

L'hoshayen supérieur est le limon glaciaire. L'ambianien comprend : le cordon littoral ancien et les alluvions anciennes interglaciaires avec leurs dépôts meubles. Enfin le carnutien, caractérisé à Saint-Priest, renferme les alluvions des rives et les graviers de fond des CODES d'eau des terrasses. ENVIRONS DE Doms.

M. Desnoyers (t) a donné quelques dé-

tails sur une découverte d'ossements de mammifères, faite à SaintBriee-Sarcelles, entre Épinay et Luzarches, dans une argile verte

subordonnée à des limons et graviers, à l'altitude de 65 mètres.

Cette couche appartient aux graviers des hauts niveaux de Belgra n d. Les ossements n'y sont pas roulés. L'éléphant paraît intermédiaire entre l'Elephas antiquus et l'Elephas meridionalis il est associé à des os de rhinocéros, de cheval et de cerf. M, Arc clin (2) a cherché à retracer la série des phénomènes qui ont marqué la période quaternaire dans le MàconIMAGONNAIs.

nais.

Le premier de ces phénomènes est l'invasion de la Bresse par le glacier du Rhône et la formation d'un barrage entre le Bagey et le Lyonnais. Les eaux de la Saône étant retenues à un niveau élevé par le barrage du glacier, une grande nappe d'eau boiteuse couvre la Bresse et dépose des alluvions et des graviers jusqu'à la cote 570; les petites vallées des affluents de la Saône sont envahies par des glaciers dont les cônes de déjection viennent rencontrer les dépôts du lac Bressan à la même altitude de 570 mètres. Ces petits cônes ou deltas sont formés principalement d'argile à chailleS. Le ceeusement de la vallée de la Saône a déterminé un abaissement de bu mètres pour le plan d'eau : M. A rc ()lin exp:ique ce creusement par les pluies diluviennes d'une véritable période pluviaire qui aurait suivi de près ou accompagné l'époque glaciaire. FRANCHE-COMTÉ. M. Benoît (3) a déterminé et tracé sur une carte spéciale le parcours suivi par les blocs erratiques de provenance alpine dans les vallées du Jura français. Les blocs venus du sud-est, après avoir traversé la plaine d'Yverdon et de Neufchâtel, traversaient la chaîne du Jura par dive,rses routes; les uns contournaient le Chasseron à l'est et remontaient le val Travers jusBull. Soc. géol. [3], V, 132. Annales de l'Acad. de Mâcon, 1877. Bull. Soc. géol. [3], V, 61.

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qu'a Saint-Sulpice. D'autres franchissaient la crête de Sainte-Croix, à 1.200 mètres d'altitude, et se réunissaient à Pontarlier avec ceux qui avaient passé à 760 mètres entre le Sechet et le mont d'Or. A partir de Pontarlier, les traces des Uocs alpins se retrouvent, d'un côté jusqu'à Salins, de l'autre jusqu'à INods et Ornans. Quant aux moraines jurassiennes, elles forment une traînée presque perpendiculaire à la erecédente, dans les vallées du Drugeon et de l'Ain; mais ce sont les glaciers du Jura qui ont, en quelque sorte, relayé le transport des blocs alpins jusque dans le vallon de la Loue après avoir, auparavant, fonctionné isolément pour leur propre compte. La présence de blocs alpins dans les environs de Pontarlier avait déjà été constatée par Saussure. Tout récemment, MM. Vézi an et C o ffat.ont trouvé sur le flanc du mont Poupet, à 750 mètres d'altitude, un fragment de gneiss des Alpes. PYRÉNe.F.S.

M. Piet te (1) a reconnu que le sommet du mont

Cazaril, situé près de Bagnères-de-Luchon, à 1./181 métres d'altitude, est jonché de blocs erratiques de dimensions considérables, consistant en granite du port d'Oo. Ces blocs ont été charriés par le glacier quaternaire de la Pique, qui devait avoir 859 mètres de puissance au moins à Luchon et 875 à Juzet.

SUISSE. M. Ernest Favre (a) pense que le dépôt de l'alluvion ancienne, en Suisse, est intimement lié aux mouvements de progression et de recul des anciens glaciers. Cette alluvion ne s'étend, en gran,les Happes, que bien peu au delà des limites du terrain glaciaire; de plus elle se rencontre à des hauteurs très-diverses et elle a dû traverser des lacs sans les combler puisque, à l'aval du lac de Genève, elle contient des cailloux provenant du Valais. L'hypothèse la plus naturelle consiste à attribuer cette alluvion aux torrents qui s'échappaient, à diverses hauteurs, des anciens glaciers. Il n'en résulterait pas pour cela qu'il y ait eu deux époques glaciaires; il y a eu plutôt des oscillations de l'extrémité des glaciers, dans l'intervalle d'une seule et même période. ninri ET DANUBE.M. Bel t (3) a décrit le loess des vallées du Rhin et du Danube. L'auteur admet qu'il existe un passage graduel entre ce loess et le (illuvium du nord, et, les animaux trouvés dans le loess offrant, suivant lui, un type glaciaire, cette formation doit Comptes rendus, LXXXIII, 1187.

Bibi. unirensale de Geneve, janvier 1877. Geol. May., 1877, 170. Quarte, ly Journal of science, janvier.1877.