Annales des Mines (1878, série 7, volume 13) [Image 15]

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ÉTUDE SUR LA CONFECTION DES OUTILS D'AJUSTAGE.

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préjugé répandu, on peut enlever des copeaux aussi gros

qu'on veut, même quand on n'a qu'une faible épaisseur de métal à enlever. Ce qui limite les dimensions du copeau, ce n'est pas l'épaisseur du métal à ôter, mais la limite de solidité de la pièce qu'on travaille ou le plus souvent celle de la machine-outil qui est presque toujours trop faible.

Soit encore à enlever une épaisseur ac de métal (fig. o) ; on peut mettre le tranchant horizontal et lui donner une forme rectiligne : de cette façon la prise est 2°

égale à e et le serrage à 1. Ce système est excellent pour polir ou planer une surface, mais il occupe beaucoup l'ouvrier qui est obligé de ramener son outil à chaque instant au point de départ pour recommencer une passe. On s'en sert donc seulement pour polir une surface. Ces deux manières de diviser le travail n'influent en rien sur P pourvu qu'on garde les mêmes valeurs de e et de 1. Ainsi Pt ne dépend pas de la manière dont on prend le copeau dans

la pièce, il ne dépend que de e et de / pour un même métal à travailler.

Ce fait est contraire à une opinion répandue chez les ouvriers, quoiqu'il soit assez naturel. Nous avons vérifié son exactitude sur une machine à raboter. § 3.

Manière de supporter le tranchant.

Un outil quelconTrajectoire élastique du tranchant. l'action de la force P, que plie nécessairement un peu sous son tranchant décrit une certaine trajectoire TN, (fig. 11). L'outil est assez rigide pour que le tranchant se déplace très-peu ; il ira de T en r par exemple ; soit T' le milieu de TT" sur la trajectoire TN,. Supposons l'outil encastré en A, on peut remplacer TT" par le cercle passant par UT". Ce cercle a son centre en un

point 0, que j'appellerai centre de flexion de l'outil. Ce point

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est sur l'axe de la barre d'acier qui forme l'outil et quelque

part dans l'encastrement. La tangente en T à la trajectoire TN, peut faire un certain angle avec la trajectoire décrite par la pièce à travailler. Nous allons voir que cet angle a une grande importance ; on le mesure facilement en prenant comme tangente en T la perpendiculaire au rayon 01T du cercle UT". Le tranchant éprouve une résistance croissant à mesure qu'il s'avance sur TN,. Cette résistance est proportionnelle au déplacement, elle dépend de la longueur et de la grosseur de l'outil. Tout ce que nous venons de dire suppose que le chariot porte-outil n'a pas fléchi ; en réalité il cède aussi un peu (fig. 12), et si nous supposons cette fois l'outil parfaitement

rigide, la flexion du chariot aura pour résultat de faire tourner l'outil autour d'un centre de flexion 0, du chariot. C'est la résultante de ces deux trajectoires que nous appellerons trajectoire élastique du tranchant et nous appel-

lerons 0 le centre de courbure de cette trajectoire résultante : on diminue autant que possible l'influence de la flexion du porte-outil en lui donnant une grande rigidité. Nous allons étudier maintenant l'influence de la position

de la trajectoire élastique du tranchant, par rapport à la direction du mouvement de la pièce qu'on veut travailler. Prenons un outil se composant d'un tranchant T (fig. 13), relié au centre de -flexion résultant 0, d'une manière invariable, et pouvant décrire un cercle TN en pivotant autour de O. Nous supposerons que la résistance au déplacement de T sur TN est donnée par un ressort AB et qu'elle est proportionnelle à ce déplacement ; nous avons, de cette façon, remplacé l'ensemble élastique de l'outil et du porte-outil par un système fictif identique et qui parle mieux aux yeux.

Nous supposons les points 0 et A fixes dans l'espace TOME XIII, 1878.

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