Annales des Mines (1876, série 7, volume 10) [Image 46]

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EXPLICATION DES PHÉNOMÈNES OPTIQUES ANOMAUX

On reconnaît à ces traits les principaux caractères des substances dans lesquelles on a reconnu des anomalies optiques. Malheureusement on se trouve arrêté -dans le développement de cette explication si naturelle, par l'ignorance où l'on se trouve encore de la nature des phénomènes optiques que peuvent présenter des réseaux cristallins croisés suivant certaines lois. Les physiciens n'ont guère exa« miné théoriquement que deux ou trois cas des plus simples.

Norremberg a montré expérimentalement qu'en croisant angle droit des lames de mica suffisamment minces, on pouvait reproduire les phénomènes des cristaux uniaxes; Reusch a fait voir qu'en croisant ces lames suivant une certaine loi, on pouvait reproduire les phénomènes des cristaux uniaxes à polarisation rotatoire. Là s'arrêtent nos connaissances. J'étudierai, dans une note placée à la suite de ce mémoire, cette question intéressante. 11 me suffit ici de constater l'analogie que les phénomènes des lames croisées présentent avec ceux des substances anomales. Les observations que je ferai connaître dans la troisième partie de ce mémoire démontreront, je crois, que c'est en effet à des assemblages du genre de ceux que je viens d'étudier, que les substances optiquement anomales doivent leurs propriétés singulières. Les exemples que je choisirai seront, je l'espère, assez nombreux et assez typiques pour ne laisser sur ce point aucun doute dans l'esprit. Le mode d'observation que j'ai employé consiste à

DANS DES SUBSTANCES CRISTALLISÉES.

79 nent se superposer les effets dus à une ou plusieurs positions du réseau. C'est sans aucun doute à l'oubli de cette précau-

tion qu'est due l'ignorance où l'on est resté jusqu'ici de la

véritable nature des édifices cristallins que je décrirai. Lorsque cela m'a semblé nécessaire, j'ai , joint d'ailleurs à. l'étude optique des lames minces, des mesures goniométriques précises. Compte rendu des observations.

'à,

découper, dans chacune des substances étudiées, des lames orientées dans des sens bien déterminés par rapport à la direction des axes cristallographiques. Ces lames ont toujours été amincies autant qu'il était possible de le faire sans s'exposer à voir disparaître les phénomènes biréfringents ; ce n'est en effet que dans des lames suffisamment minces que l'on a en général quelque chance d'observer les caractères optiques propres au réseau lui-même. Dès que les lames sont épaisses, il arrive le plus souvent qu'en un même point vien-

Pour introduire un certain ordre dans l'examen des substances que j'ai étudiées, je les diviserai en groupes correspondant au système cristallin auquel l'édifice appartient au moins en apparence. Je passerai ainsi successivement en revue les substances pseudocubiques, pseudoquadratiques, pseudorhomboédriques ou pseudohexagonales, etc. Mais avant d'entreprendre le compte rendu de mes observations, je dois dire que j'ai été secondé dans cette partie de mou travail avec beaucoup de zèle et d'intelligence par M. Richard, préparateur à l'École des mines. Je suis heureux de lui en témoigner ici ma reconnaissance. A. -- SUBSTANCES PSEUDO-CUBIQUES.

Ampleigène.

Les cristaux d'amphigène ont des formes si nettes et si constantes, ils présentent d'une manière si évidente les 21t faces du tropézoédre a', que malgré le peu d'éclat de ces faces et la difficulté d'obtenir des mesures angulaires pré-

cises, il n'est, pendant longtemps, venu à l'idée de personne de mettre en doute que le système cristallin de la substance ne soit celui du cube, bien que des anomalies inexplicables aient été depuis longtemps constatées. M. vont Path, le premier, en examinant certains cristaux