Annales des Mines (1876, série 7, volume 9) [Image 237]

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CAUSES DE DÉTÉRIORATION

DES CHAUDIÈRES A VAPEUR.

deux fentes, l'une continuée perpendiculairement suivant d'une rivure, L'épaisseur du en pleine tôle, l'autre le long

fus, directeur de l'Association alsacienne des appareils à vapeur. (Voir le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, année 1871.) Nous citerons particulièrement les observations qui ont été faites sur les générateurs de l'usine

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métal était réduite à près d'un millimètre sur les lèvres de de la la première déchirure. Toute la partie supérieure l'amincissevirole du même côté était d'ailleurs corrodée, le haut du ment diminuant progressivement jusque vers était tout à fait extérieure. bouilleur. L'usure la fumée sur la Deux échantillons de l'enduit laissé par sulfate de région altérée ont été analysés; ils ont donné : fer, entre 52 et 53 p. oo ; acide sulfurique non combiné, l'un 1,42, l'autre près de 12 p. loo. Les dépôts recueillis sur le reste du bouilleur contenaient également de l'acide sulfurique, mais en quantité notablement moindre et sans qu'il en fût résulté d'usure sensible du métal. La différence de l'action a été expliquée de la manière suivante : l'enduit se dépose, pendant la marche des fours, la mise hors à l'état pulvérulent et tout à fait sec ; mais à clans les feu, l'air extérieur, chargé d'humidité, pénètre prolongé la suie devient pâteuse. carneaux, et à son contact le La suroxydation de l'acide sulfureux se produit alors, et métal se trouve dans les conditions les plus favorables pour pendant être attaqué. L'action corrosive s'exerce donc, clans les rétoute la période d'inactivité de la chaudière, elle ne gions qui n'auront pas été nettoyées; au contraire, se fera pas sentir là où les dépôts auront été enlevés. Or la partie amincie et déchirée se trouvait précisément muraille dans le premier cas; elle était adossée contre la partie verticale qui séparait les deuX carneaux, dans une de très-difficilement accessible qu'on négligeait, par suite, visiter et de nettoyer. suite de III. Des exemples de corrosion extérieure, par les parties la condensation de la vapeur d'eau des fumées sur froides des chaudières, ont été signalés par M. Meunier-Doll-

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de M. Charles Kestner, à Thann. L'usine comprenait deux chaudières cylindriques à trois bouilleurs chacune, et entre elles, clans le même massif, six réchauffeurs disposés deux par deux sur un même étage.

La fumée circulait sous les trois bouilleurs, deux fois au-

tour du corps cylindrique, puis dans les trois étages du réchauffeur, de haut en bas. L'eau d'alimentation suivait une marche inverse. Un seul générateur était le plus souvent en fonctionnement;

il marchait jour et nuit, mais avec une activité

moindre pendant la nuit. Dans une expérience où l'eau d'alimentation arrivait avec

une température de 200, l'eau, à la sortie du premier réchauffeur inférieur, ne dépassait pas 500, et à la sortie du troisième, 5oo D'un autre côté, la température des fumées, à la sortie du dernier réchauffeur, ne dépassait pas i 5o° le jour et oo° la nuit. Au bout de deux ans de service, dans ces conditions, les deux réchauffeurs étaient déjà altérés, et au bout de six ans, bien que le métal fût d'excellente qualité, leur épaisseur était tellement réduite qu'ils ont été réformés.

L'attaque avait eu lieu principalement sur les parties de ces réchauffeurs froides ou peu chaudes, et il a été constaté qu'elle avait pour cause première l'acide sulfureux dissous dans l'eau de condensation déposée par les fumées; en présence de l'air et de ces eaux acides, il y avait oxydation de la tôle, puis formation de sulfate d'oxyde de fer.

IV. Quelques observations sur cette cause de dépérissement des chaudières ont été faites dans le département du Nord, par M. Cornut, ingénieur en chef de l'Association