Annales des Mines (1874, série 7, volume 6) [Image 299]

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REVUE DE GÉOLOGIE.

GÉOLOGIE GÉOGRAPHIQUE.

M. E th eridge (1) a décrit le gisement de lignite VICTORIA. exploité à Lai-Lai, dans la colonie de Victoria. Au-dessous de

ETATS-UNIS.

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22 mètres de sables, argiles et graviers, et séparé d'eux par mètre

d'argile réfractaire, se trouve le lignite, puissant de 34 à 35 mètres; c'est un charbon terreux et bitumineux, très-pauvre en carbone, composé de branches et de racines de conifères appartenant à des espèces qui n'existent plus aujourd'hui dans la colonie ; on y trouve quelques lits minces de jayet et deux espèces de résines. L'auteur pense que ce dépôt est du même âge que le gisement de lignite des exploitations de Morrison, lequel a été regardé comme miocène. NOUVELLE-CALÉDONIE.

M. le colonel Ch arrière a rapporté de la Nouvelle-Calédonie quelques échantillons parmi lesquels un fragment d'ammonite engagé dans un grès à grain fin, provenant de Koutio-Koueta. Par la

profondeur et la régularité de ses sillons, ce fossile a beaucoup d'analogie avec l'A. margaritatus du lias, bien qu'il n'en présente pas les excroissances caractéristiques. D'après cela M. Jules Garnier pense que l'existence du lias à la Nouvelle-Calédonie est bien certaine ; du reste, M. J. Garnier avait déjà placé dans le lias certains bancs fossilifères et charbonneux de Koé, près de Koutio-Koueta.

AMÉRIQUE. RIVIÈRE-ROUGE.

M. Dawson (2) a signalé des gisements

de lignite tertiaire au nord du Le parallèle, dans le bassin de la Rivière-Rouge. Le charbon est accompagné, dans certains endroits, de scories et de mâchefer indiquant une combustion locale. Près de Porcupine Creek, on trouve dans les couches de lignites, de nombreuses plantes parmi lesquelles des feuilles de Thuya, Sequoia, Taxus, Populus, Salix, Ulules, Platanus, etc., ainsi qu'une fougère, Onoclea sensibilis. (i) Geol. Socieiy, 25 juin 1873. (2) Canadian Waluralist. Americ. Journ. [33, VIII, 142.

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MM. Hitchcock et Blake ont publié une carte géologique des États-Unis, qui résume les nombreux travaux dont ce pays a été l'objet depuis quelques années. Les formations distinguées sur leur carte sont les suivantes : éozoïque, silurien, dévonien, carbonifère inférieur, terrain houiller, permo-carbonifère, trias, jura, crétacé, néozoïque. On doit à M. Mac Far 1 an e (1) une description complète des bassins houillers de l'Amérique du Nord. Ces bassins produisent actuellement près d'un vingtième de la production totale du globe. Eu égard à l'énorme surface occupée par ces gisements (près de 5oo.000 kilomètres carrés), la grande puissance des couches, les facilités d'exploitation qu'elles présentent, l'auteur a le droit de conclure que l'Amérique du Nord est destinée à devenir bientôt le pays producteur de houille par excellence. ÉTATS DE L'OUEST.

M. J. Le Conte (2) a étudié la grande

coule'e de lave basaltique des États-Unis de l'Ouest. Cette coulée, la plus vaste du monde, commence en Californie sous la forme de plusieurs courants séparés, puis recouvre comme un manteau les

États d'Oregon nord et de Washington, dissimulant toutes les inégalités de la surface. Elle couvre la majeure partie de la Californie du Nord et du Nevada, presque tout Oregon, Washington et Idaho, et arrive jusqu'à Montana, à l'est, et jusqu'à la Colombie

anglaise au nord. Son étendue est comprise entre 500.000 et 8...030 kilomètres carrés, c'est-à-dire qu'elle dépasse l'étendue de la France.

La source de cette coulée est dans la chaîne côtière, mais surtout dans les montagnes des Cascades et dans les Montagnes-Bleues.

Sa plus grande épaisseur est d'au moins 1.200 mètres : on peut évaluer sa puissance moyenne à 65o mètres. M. Le Conte a réussi à voir, dans les montagnes des Cascades, la base de la coulée de lave: dans cette région, le basalte colum-

naire repose sur un conglomérat qui contient beaucoup de bois silicifié et où l'on observe, de temps en temps, des couches formées par un ancien sol avec traces d'arbres encore en place. Quant à l'âge de cette coulée, l'auteur avait d'abord cru qu'elle The coal regions of America. London, 1873.

Americ. Jour. [3], VII, 1,,7.