Journal des Mines (1813, volume 34) [Image 193]

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STRATIFICATIONS

avec un nombre d'appendices assez longs, qui partent du bord de l'extérieur du fossile , et paraissent avoir été destinés à le

Un petit pecfixer aux corps environnans. tinite, à côtes tranchantes et anguleuses , et qui n'a pas plus d'un quart de pouce de long. 13 n bivalve, qui n'a pas un huitième de pouce de long, et qui est finement strié dans le sens de sa longueur. Il prend un beau poli, et semble avoir conservé sa couleur naturelle, brunclair. Enfin des restes de la tortue échinite , et d'autres qui paraissent appartenir à des espèces du même genre. Si l'on ajoute à ces genres les restes ,d'une grande variété d'échinztes, comme les colla-

lites, les cassidites , les spatangites, et les diverses pointes d'oursins qu'on trouve dans ces mêmes bancs ; et, si l'on considère que les

fossiles qu'on vient de désigner proviennent

presque tous d'une couche de craie qui n'a pas plus de deux milles de longueur, on croira aisément que les craies d'Angleterre ne sont pas moins fertiles en dépouilles marines que celles de France. L'état où l'on trouve ces fossiles montre clai-

rement que la matière dans laquelle ils sont ensevelis est le résultat d'un dépôt gradué, qui a saisi ces animaux , tandis qu'ils vivaient encore dans les lieux où ils avaient commencé d'exister. Les projections fines et délicates des coquillages, sont restées entières, et on trouve attachées à l'enveloppe crustacée des échinites , les pointes qui caractérisent ce coquillage. Ni

l'une ni l'autre de ces deux circonstances ne pourrait avoir lieu , si ces corps eussent été

AUX ENVIRONS DE LONDRES.

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saisis par quelque dé bacle violente, on amenés de loin dans les lieux où on les trouve. On dira peut-être qu'on rencontre rarement les échinites avec leurs pointes : c'est parce que rarement le naturaliste lui-même travaille dans les carrières où on les découvre. Les ouvriers,

qui ne songent qu'à en tirer de la craie , davaillent à grands coups, et ne songent guère à ménager les objets que le hasard leur pré-

sente , et qu'ils n'aperçoivent que lorsqu'ils les ont déjà mutilés.

L'état de conservation parfaite des surfacés

des fossiles, renfermés d ansla craie, prouve aussi

que leur. dépôt a eu lieu dans le fluide ambiant , et qu'il n'a pas été l'effet de l'influence'

immédiate de quelque agent chimique sur les coquillages , et sur les autres enveloppes calcaires. des animaux qui vivent au fond des eaux. On remarque cpie les fossiles trouvés -dans la craie ont conservé leurs angles vifs.,

leurs pointes aiguës ; rien n'est émoussé le

moins du inonde dans tous ces sillons délicats dont leur surface est souvent parsemée.

On peut conclure , avec MM. Cuvier et

Brongniart, que les dépôts de craie et de silex ont été alternatifs , et même périodiques, d'après l'existence des couches des nodules siliceux, et sur-tout celle des dépôts très-étendus de matière siliceuse, en couche mince, plane et horizontale , qu'on trouve interposés dans les bancs dé craie. Il semble aussi que l'état des fossiles qu'on trouve dans ces bancs autorise à croire que la craie a été traversée par la matière siliceuse, à une époque séparée par un intervalle de teins

li;