Annales des Mines (1868, série 6, volume 13) [Image 42]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

60

DÉDUCTIONS.

Plus tard, on a agrandi cette hypothèse en l'étendant à l'origine de l'écorce terrestre elle-même, qui renferme, précisément à l'état de silicates, les oxydes des métaux les plus avides d'oxygène, potassium, sodium, calcium, magnésium, aluminium, et en considérant l'eau des mers ellemême, comme le résultat de la combustion de l'hydrogène, dans cette oxydation ou conflagration générale. Sir Henry de la Bêche, dont l'esprit savait embrasser toutes les grandes

questions de la géologie, exposa l'un des premiers cette idée (1, qu'avaient bien préparée les importantes observations de Haussmann, de Mitscherlich et de Berthier, sur les scories d'usines (**); et que M. Élie de Beaumont a désignée, avec beaucoup de justesse, par l'expression de coupellation naturelle (***). On reconnaît, sans de plus longues explications, comment cette vue théorique se trouve confirmée et précisée, par les résultats que j'ai obtenus dans la synthèse des météorites. D'après ce qui vient d'être exposé, il devient naturel d'admettre que les roches de péridot, dont nous avons reconnu l'importance dans la constitution des régions profondes de notre globe, ont la même origine que les silicates

semblables, qui font partie des météorites. Ces roches péridotiques seraient aussi, dans notre planète, le produit le

plus direct d'une scorification, qui se serait opérée à une époque extrêmement reculée. Besearches in theoretical geology, 18311; la traduction française a été publiée en i858, par M. de Collegno. Cl Parmi les nombreuses observations de Haussmann, qui remontent à, '8,6, je dois signaler son travail intitulé : De usu experientiarum metallurgicarum ad disguitiones geologicas adjuvandas (Gcettingen gelehrte Anzeigen, 1837). Il est juste aussi de rappeler que, dès 1823, Mitscherlich reconnut les formes du péridot et du pyroxène dans les cristaux des scories métallurgiques (Abliandlungen der K. Academie der Wissenschaften zu Berlin, 1823, p. 25). (***) Bulletin Soc. géol., 2 série, t. IV, p. 1326, 18117.

DÉDUCTIONS.

Gr

le mot de scorifiIl est essentiel de bien s'entendre sur contact de cation. On sait que lorsqu'on tient en fusion, au s'oxyde, ainsi que l'air, un bain de fonte impure, le fer le certains corps qui lui sont associés, dont le silicium est naissance à un siplus important. Cette oxydation donne du bain licate ferrugineux, qui occupe ta partie supérieure le remétallique. C'est une véritable scorie liquide; par solide, et froidissement, elle pourra devenir pâteuse, puis cristalalors présenter une structure compacte, lithoïde, spongieuses line, toute différente, en un mot, des matières de scories et boursouflées; auxquelles on a donne le nom étenvolcaniques. C'est là le sens métallurgique, que nous dons à la scorification du globe. de géologues Quant aux roches feldspathiques, beaucoup été produites simplement par admettent qu'elles n'ont pas cela a voie sèche, comme nous venons de montrer que proprobablement eu lieu pour les couches péridotiques fondes, mais qu'elles ont été formées avec l'intervention, qu'il en d'agents particuliers, entre autres de l'eau. Quoi notamment dans les trachytes,

soit, on pourrait y voir, l'autre terme extrême de la série des masses silicatées ces deux dans la scorification générale. L'opposition entre

types, les plus distincts et les mieux caractérisés, porte,

non-seulement sur la composition minéralogique et les cirde constances de la cristallisation, mais aussi sur la densité nécessaireces masses et leur situation à des profondeurs ment très-différentes. primi Faisons remarquer encore que cette scorification consiclérablè, peut, tive, s'étendant sur une épaisseur aussi suivant la même encore à l'époque actuelle, présenter, veprofondeur, des masses sous les trois états dont nous nons de parler, solide, pâteux ou liquide. les météoSi le fer métallique, tout à fait habituel dans

différence rites, manque dans les roches terrestres, cette globe, où peut simplement résulter de ce que dans notre