Annales des Mines (1866, série 6, volume 10) [Image 175]

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GÎTES STANNIFÈRES DU LIMOUSIN.

GÎTES STANNIFÈRES DU LIMOUSIN.

dans les champs, et dans lesquels l'analyse a constaté une quantité notable d'étain. Ce fait permet d'affirmer que, à l'époque des anciennes exploitations, le minerai d'étain a été traité sur place. La tradition est au reste complètement muette sur l'époque à laquelle on doit faire remonter ces fouilles. Elle a même à ce point perdu le souvenir de leur destination primitive, que les habitants du pays y voient, contre toute vraisemblance, les restes d'une ville détruite. § Il,- GISEMENT DE MONTEBRAS.

Historique. - Les anciens travaux de Vaulry avaient vivement frappé mon attention, à cause de l'intéressant problème historique qu'ils soulèvent, lorsque, dans le cours des explorations ayant pour but la confection de la carte géologique de la Creuse, j'eus l'occasion d'examiner, au mois d'avril 1859, des excavations ouvertes près de Montebras, commune de Soumans, et dans lesquelles on voulait voir, soit les restes d'un ancien camp romain, soit même des habitations souterraines à l'usage des Gaulois. A première vue, il me sembla, ainsi qu'à M. Bosvieux, archiviste du département, qui m'accompagnait, que l'une et l'autre hypothèse étaient également inadmissibles. Je fus au con-

traire frappé de la parfaite analogie des excavations de Montebras avec celles de Vaulry. j'examinai avec soin les

fragments de roches que permettaient d'apercevoir les bruyères qui couvraient le sol; je rencontrai du quartz en abondance, ainsi que des roches qui avaient la plus grande ressemblance avec le greisen de Vaulry ; enfin je fus assez heureux pour mettre la main sur un volumineux échantillon d'étain oxydé, adhérent à un fragment de quartz. Dès lors, le doute n'était plus permis; à Montebras, comme à Vaulry, existait un gisement stannifère, et ces deux gisements, que ne sépare pas une distance moindre de ioo kilo-

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mètres, avaient été, à des époques très-reculées mais sans doute à peu près contemporaines, l'objet de travaux d'exploitation considérables. Je fis connaître la découverte que je venais de faire, par une note présentée au conseil général de la Creuse dans la session de 1859, et insérée la même armée dans le bulletin de la Société des sciences naturelles et archéologiques de ce département. Sur les indications données par cette note,. un ingénieur civil, M. Poyet, entreprit quelques travaux à Montebras. M. Poyet était mort, à Montluçon, sans avoir -

donné suite à ces travaux, lorsqu'une société se constitua et poursuit actuellement, sous la direction de mon camarade et ami M. Moissenet, l'exploration du gisement stannifère que j'avais signalé. C'est à M. Moissenet qu'il appartiendra de nous faire connaître un jour ce gisement avec détail, je résumerai seulement ici la description que j'en donnais dans ma note de 1859.

Le gneiss occupe presque toute la partie septentrionale du département de la Creuse, dont la partie centrale est au contraire à peu près entièrement recouverte par lu granit à mica noir. La limite de ces deux terrains est marqué par une chaîne longue et étroite, orientée E.-0. ou E. ro° N., et exclusivement formée par le granit à deux micas. Au pied septentrional de cette chaîne, se trouvent bâtis Saint-Sylvain, Los-le-Roi, Clugnat, Châtelin, Bonnat, Saint-Aignan de Versillat. C'est près de ce dernier village que vient mourir, vers l'ouest, cette longue chaîne, dont la terminaison orientale est marquée par une série de sommets notablement plus élevés que tous les autres sommets de la chaîne, et dont l'altitude atteint 655 Mètres (Signal de Toul SainteCroix) , et 595 mètres (Signal (des Pierres jaunâtres). Ces sommets sont du reste alignés suivant une direction N.-E. La chaîne est en outre traversée par de nombreux filons saillants de quartz, dirigés N.-0., et qui pénètrent aussi dans le granit à mica noir.