Annales des Mines (1866, série 6, volume 9) [Image 326]

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en grandes roches formées de couches bien définies à cassure conchoïde, et à reflets métalliques brillants. Cet anthracite brûle sans flamme et sans fumée en conservant sa forme et en laissant de 3 à, h p. Loo de cendres grises. Sa puissance calorifique est très-élevée; i livre d'anthracite échauffe 7 livres hil 0 d'eau de 32 à 9.12 degrés. Sa pesanteur spécifique est de 1,55. La grande puissance calorifique de cet anthracite le rend très-propre à l'usage des navires à vapeur, lorsque leurs fourneaux sont disposés pour brûler ce genre de combustible. En comptant pour l'épaisseur moyenne des deux couches prises ensemble 211 pieds seulement, d'après ce que nous avons pu voir, la moyenne dépasserait ho pieds; la quantité de charbon vendable que donneraient chaque 1.000 yards 'd'étenclue'llorizontale serait à peu près de It millions de tonneaux. A la mine, le prix actuel de cet anthracite est d'une petite sapèque

par cattie, ou d'environ 1,68 piastre mexicaine par tonneau de 2.2/10 livres.

Les seules autres mines qui aient été visitées sont celles de Toitet celles de Ving-wo et de Tait-citai-tan g

pi à 111. enn-thau-K han

Sang-S hann-Shyen.

La première et la dernière de ces trois mines donnent des anthracites qui, bien que doués d'une puissance calorique assez grande, ne peuvent pas convenir pour les navires à vapeur à cause

de leur tendance à se briser en brûlant. De même, l'anthracite mou de la mine de Ying-wo se brise trop facilement, et possède d'ailleurs une puissance calorifique trop peu élevée. En résumé, les charbons qui conviennent le mieux pour l'usage des navires à vapeur sont : la houille sèche bitumineuse de la mine de Jonh-thao et l'anthracite de Tah-tsao. Comme on n'a examiné que les mines indiquées par les autorités locales, et qu'il y a beaucoup

de couches qui n'ont pas été exploitées depuis longtemps, il est probable qu'une exploration plus minutieuse ferait découvrir dans le voisinage de Chaï-tang d'autres charbons d'aussi bonne qualité. Consommation de charbon par les navires à vapeur en Chine. -

Les navires à vapeur qui naviguent dans les mers de la Chine consomment vraisemblablement plus de h00.000 tonneaux qui leur coûtent environ h millions de taê,ls. L'usage des navires à vapeur s'accroît du reste si rapidement, que, d'ici à peu d'années, la consommation du charbon sera indubitablement beaucoup plus considérable qu'aujourd'hui. Actuellement la presque totalité de ce charbon vient des pays étrangers, surtout d'Angleterre, C'est-àdire d'une distance de t5.00. milles. Il est réellement extraordi-

625 naire que du charbon extrait d'Angleterre, où les mineurs sont BULLETIN.

payés trois ou quatre fois plus cher qu'en Chine, puisse être transporté à une distance de 15.000 milles et vendu à Shanghaï au prix que l'on donne à Takou pour le charbon de la province de Tchili. On importe aussi en Chine du charbon venant d'Amérique, d'Australie et du Japon. Système à adopter pour développer en Chine l'exploitation du

La Chine possède une immense étendue de gisements houillers, il n'est peut-être aucun autre pays qui en ait une plus grande; de plus le combustible que l'on trouve dans certains districts est certainement de la meilleure qualité. Le gouvernement chinois pourrait, en développant convenable ment l'exploitation de quelques mines, mettre tout ce commerce charbon.

entre les mains de sujets chinois qui en tireraient eux-mêmes beau-

coup de profit; en même temps les étrangers y trouveraient de leur côté un très-grand avantage. Mais pour arriver à ces résultats, il faut d'abord introduire des procédés d'exploitation qui permettent d'obtenir une production considérable et bien reguhère ; il faut en outre adopter des moyens économiques pour faire arriver le charbon des mines aux ports de mer. Comme la mine de Jonh-thao contient des quantités considé-

rables de charbon de bonne qualité, c'est par elle qu'il conviendrait de commencer les améliorations, à moins que l'on ne découvre dans une localité d'un accès plus facile du charbon d'aussi bonne qualité. Il est d'ailleurs impossible qu'en exploitant la couche de Jonh-thao au moyen des meilleurs procédés connus dans ce pays, on arrive à extraire plus du quinzième ou même

du trentième de la quantité que l'on extrairait par des procédés européens. Dans ces montagnes, le mineur chinois est obligé, à cause de l'eau qui envahit rapidement les puits, de s'arrêter à une profondeur de 16o à '200 pieds. Jusque-là il peut creuser horizontalement autant qu'il veut, mais comme il ne possède pas les moyens de dépasser cette limite, il ne peut extraire qu'une faible portion du charbon dans toutes les couches qui sont verticales ou fortement inclinées, et d'ailleurs il n'extrairjamais que le charbon de la surface qui est toujours le plus mauvais. En exploitant la mine de charbon de Jonh-thao, au moyen des procédés qui sont employés en Europe, on arriverait à extraire de 200 è 3oo tonneaux par jour, avec une dépense qui resterait inférieure à une piastre par tonneau. Pour mettre à exécution une entreprise de ce genre, il faudrait employer un ingénieur des mines européen ; deux chefs mineurs