Journal des Mines (1796-97, volume 6) [Image 108]

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de parties à raison de sa grosseur , et en avoir dee morceaux d'une livre et demie à-peu-près ( 5 hectogrammes ) de poids , avec des surfaces larges, dont les cassures soient à-peu-près planes; il tâche de ne pas fendiller ou étonner le caillou par des coups trop secs ou trop forts. II.' Fendre le caillou ou l'écailler. La principale opération de l'art est celle de bien fendre le caillou , c'est-à-dire , de lui enlever des écailles de la longueur, grosseur et forme qui conviennent ensuite pour en faire des pierres. à fusil c'est celle qui demande le plus d'adresse et la main la plus sûre. La pierre n'a point de sens particulier pour sa cassure , et s'écaille également dans toutes les directions. L'ouvrier tient le morceau de caillou dans sa main gauche , non soutenue. Il frappe avec le marteau au bord des grandes faces produites par les premières ruptures , de manière à enlever l'écorce blanche de la pierre , en petites écailles , et à mettre à découvert le silex, ainsi qu'il est représenté fig. 5 ; et ensuite il continue à enlever d'autres écailles où le silex est pur. Ces écailles ont à-peu-près un pouce et demi ( 4 centimètres ) de largeur, deux pouces et demi ( 8 centimètres) de longueur, et deux lignes ( 4 à 5 millimètres ) d'épaisseur dans le milieu. Elles sont légèrement convexes en dessous , et elles laissent par conséquent dans le lieu qu'elles occupaient, un espace légèrement concave , termine longitudinairenient par deux lignes un peu saillantes , à-peu-près droites (fig. 6 ). Ces sortes d'arêtes , produites par la rupture des premières écailles, doivent se trouver ensuite vers le

( 7°9 ) des écailles enlevées subséquemment; et les seules écailles où elles se trouvent peuvent servir à faire des pierres à fusil. On continue ainsi à fendre ou écailler la pierre en _différens sens, jusqu'à ce que /es défectuosités naturelles de la masse rendent impossibles les cassures que l'on exige, ou que le morceau se trouve

réduit à un trop petit volume pour recevoir les petits coups qui forcent le silex à éclater. III.' Faire la pierre. .

On distingue dans la pierre à fusil cinq par-

ties

(fig,

)

I.° La mèche , partie qui se termine en biseaupresque tranchant, et qui doit frapper sur la batterie : la mèche doit être de deux à trois ,lignes ( 5 à 7 millimètres ) de largeur ; plus large , elle serait trop fragile ; plus courte, elle donnerait moins d'étincelles ;.

2.° Les flancs ou bords latéraux, qui sont toujours un peu irréguliers 3.0 Le talon , qui est la partie opposée à la mèche , et qui a toute l'épaisseur de la pierre 4.0 Le dessous de la pierre, qui est uni et un peu convexe; qui est la petite face supérieure 5 .° L'assis placée entre l'arête qui termine la mèche , et le talon ; elle est légèrement concave : c'est sur elle qu'appuient les mâchoires du chien de la batterie, pour la maintenir dans sa place. Pour faire la pierre, on choisit donc des écailles

qui aient au moins une arête longitudinale ; on détermine lequel des deux bords en biseau doit faire la mèche ; ensuite on appuie successivement

les deux côtés de la pierre qui doivent faire les. flancs , et la partie qui doit former le talon, sur le

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