Annales des Mines (1873, série 7, volume 3) [Image 206]

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CONSTITUTION GÉOLOGIQUE'.

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une posidomie. A mesure que l'on avanc&Vers le nord, ce terrain éprouve dans sa composition des Changements remarquables : les grès y sont remplacés par des roches porphyriques et les schistes deviennent siliceux ; c'est dans cet éttit qu'il se montre dans tout le nord du Chili. A cause de son grand développement, ce terrain ,doit correspondre à plusieurs formations de l'Europe ; mais ici rien ne peut motiver une séparation, ni la discordance des strates, ni leur composition ; elles s'y succèdent les unes aux autres avec un parallélisme remarquable, et lorsqu'elles changent de

composition, ce changement a lieu graduellement. Tout porte à croire que ce terrain ,est ici le représentant de la série des formations qui s'étendent du terrain carbonifère au terrain silurien inférieur. TERRAIN> PERMIEN.

Les couches de grès rouge s'appuient sur cette grande formation ; le plus souvent elles sont formées de conglomé-

rats, de poudingues et de grès plus ou moins fins, presque toujours colorés en rouge par l'oxyde de fer, quelquefois en vert par un silicate analogue à la chlorite ou en gris jaunâtre par le fer hydraté. Ce terrain se montre sur le plateau bolivien des deux côtés de la chaîne occidentale, formant ainsi deux zones séparées entre elles par les roches plutoniques. On le rencontre au sud du lac de Titicaca, où il s'étend entre Saint-André et Corocoro ; de là il se dirige vers le sud, où il forme une partie des montagnes de Saint-Mi.-

guel et de Carangas ; puis il reparaît dans le désert d'Ata-. cama, aux mines de Saint-Bartolo, près d'Atacama, dans les cordillères de Varas et la vallée de Ternera ; il forme ensuite' une grande partie des AndeS chiliennes, dont il occupe souVent les sommets les plus élevéS',. et se ainsi jusque

sous le 57' degré (*). (*) PI:» IX.

DE DA CHAÎNE DES ANDES.

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La zone occidentale est beaucoup moins étendue ; elle commence au môle d'Arica et s'étend le long de la côte

jusqu'à la vallée du rio Loa. Au sud de cette vallée, le grès' rouge forme encore une partie des montagnes de Co-

bija, puis il se montre des deux côtés de la chaîne maritime jusqu'au parallèle de Chaîiaral de las Animas, où il est définitivement remplacé par des roches plus anciennes. Les seuls fossiles qui se sont rencontrés dans ce terrain sont des restes 'de végétaux ; dans la vallée de la Ternera il renferme quelques couches d'anthracite, des empreintes de fougère et de voltzia, dans un grandinombre de locali-

tés des tiges silicifiées ou carbonisées qui paraissent se l'apporter au même genre ; enfin dans la cordillère de Pillamnauida, qui s'élève à l'est du lac de la Laja, il renferme une grande quantité de tiges de calamites. Les roches de grès rouge ont une grande tendance à passer à l'état porphyrique ; c'est presque toujours ainsi qu'elles se présentent sur le versant occidental des Andes chiliennes ; le grès et les poudingues de Pillanmauida sont

de vraies roches porphyriques et les tiges de calamites y sont souvent entourées de cristaux de feldspath. TRIAS.

Des couches arénacées et argileuses colorées de vert et de rouge, et dans lesquelles on rencontre souvent du gypse et du sel gemme, viennent s'appuyer sur la formation du grès rouge, mais se montrent aussi dans d'autres localités où elles recouvrent des terrains plus anciens et constituent ainsi . une formation indépendante. Elles occupent sur le

plateau bolivien une grande partie de l'espace compris entre Saint-André et Santiago de Machaca, et forment plus à l'est la partie supérieure de la cordillère de Quinsacruces. Bien que cette formation ne se présente -qu'en lambeaux ordinairement séparés par d'assez grands intervalles, on