Annales des Mines (1872, série 7, volume 1) [Image 79]

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EXTRAITS DE CHIMIE.

TRAVAUX DE 1865 A 1871.

si d'infimes proportions de silicium accompagnent le carbone dans les aciers fins, on ne pouvait donc pas songer à faire usage de la voie humide. L'acier est soumis successivement à l'action de deux gaz à la température rouge : l'air atmosphérique pour brûler le fer, le carbone et le silicium ; le gaz acide chlorhydrique sec pour, transformer et enlever le métal à l'état de chlorure. L'opération comporte par conséquent deux phases. Quand on -veut oxyder et chlorurer simultanément en faisant passer sur de l'acier chauffé au rouge un courant de gaz chlorhydrique mêlé d'air, on ne retire jamais toute la silice correspondante au silicium contenu, et fréquemment on

quitte à l'y replacer si l'on aperçoit encore quelques points d'oxyde

n'en retire pas du tout. Cela tient à ce que le silicium uni au fer passe à l'état de chlorure lorsque le gaz chlorhydrique l'atteint avant qu'il se soit oxydé. Pour oxyder le métal, on le réduit en limaille ou en minces copeaux, que l'on place dans une nacelle de platine sous le moufle; la combustion a lieu à la température de la coupellation ; en deux ou trois heures, le fer passe à l'état d'oxyde des battitures renfermant un petit excès d'oxygène. Lorsque l'oxydation est terminée, ou porte la nacelle dans un tube de platine disposé sur une grille. A l'une des extrémités de ce tube, s'adapte le tube abducteur d'un générateur donnant du gaz chlorhydrique desséché à travers une colonne d'acide sulfurique. A l'autre extrémité est fixé un ballon tubulé en verre dont le col, dirigé de haut en bas, plonge dans un flacon rempli d'eau, à quelques millimètres au-dessous de la surface du liquide. Le dégagement du gaz chlorhydrique peut être réglé facilement en élevant plus ou moins la température du ballon où il se produit, ec en versant l'acide sulfurique plus ou moins vite. Le tube de platine étant chauffé au rouge, on fait passer lentement le courant d'acide chlorhydrique. Le chlorure de fer produit se volatilise et va se condenser sur les parties froides du tube et, dans le ballon qui est adapté à ce tube. En regardant à travers ce ballon, on voit ce qui se passe dans le tube éclairé par l'incandescence de ses parois. On aperçoit d'abord les vapeurs de chlorure de fer ; la lumière diminue à mesure qu'elles deviennent plus intenses ; puis un réseau d'aiguilles finit par l'intercepter plus ou moins. Si ce réseau devenait trop serré dans le tube, de manière à donner lieu à une obstruction, il suffirait de chauffer le tube à l'endroit où il se forme : les aiguilles iraient alors se déposer dans

le ballon. Quand on juge l'opération terminée, on retire la nacelle du, tube,..

non chloruré. La silice restée dans la nacelle est parfaitement blanche et extrêmement divisée. Elle a généralement la forme qu'avait l'oxyde lorsqu'on l'a retiré du moufle. Si cette silice, par exemple, vient d'un fil de fer roulé en spirale, elle aura la forme de cette spirale ; dans cet état de ténuité, on ne saurait mieux la comparer qu'au linéament de cendre laissé par un fil de lin après

absoluune combustion complète accomplie dans une atmosphère

ment calme ; à cause de cette ténuité, il importe de modérer. convenablement la vitesse du courant d'acide chlorhydrique pen-

dant la chloruration, et d'enfermer la nacelle dans un tube de verre pour faire la pesée. On s'assure de la pureté de la silice en versant dans la nacelle de l'acide fluorhydrique additionné d'une goutte d'acide sulfurique. Dans tous les dosages faits sur le fer et l'acier, la silice a disparu silice par ce traitement. Mais il existe des fontes qui donnent une renfermant de faibles quantités de matières terreuses autres que la silice et provenant vraisemblablement de traces de laitier empâtées dans le métal. Il existe du reste un moyen de s'assurer de la présence du laitier dans les fontes : c'est de les soumettre au rouge à l'action du gaz chlorhydrique sans oxydation préalable; le fer est alors en-

traîné avec le silicium combiné, et il reste dans la nacelle le laitier mêlé à du carbone; en brûlant ce carbone, le laitier reste déterminer dans une fonte seul ; il y a peut-être là un moyen de

la silice qui provient réellement du silicium combiné au fer. Ainsi, 2 grammes d'acier cémenté ou de fer, soumis au rouge vif avec un courant d'acide chlorhydrique sec, n'ênt pas laissé trace de résidu fixe. An contraire, i gramme d'une fonte de la Moselle dans a laissé 0gr,09 de laitier dont la silice n'était certainement pas le métal renfermait de l'aluminium, le métal à l'état de silicium. Si l'alumine produite par l'oxydation au rouge vif serait insoluble dans l'acide chlorhydrique et resterait avec la silice. Ce cas ne s'est présenté dans aucune des expériences citées plus loin. La pureté de la silice obtenue presque dans toutes ces expé-

riences, rend très-vraisemblable que le phosphore est entraîné avec le fer. Pour s'en assurer, on a soumis à l'action de l'acide chlorhydrique sec un phosphate de fer naturel, la vivianite, dont la composition est la suivante :