Annales des Mines (1871, série 6, volume 20) [Image 161]

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MÉTALLURGIE DE L'ARGENT AU MEXIQUE,.

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MÉTALLURGIE DE L'ARGENT AU MEXIQUE.

sives par où s'écoulent les métaux extraits dans les provinces du plateau central, Mexico, Morelia, Guanajuato, Guadalajara (en partie), Zacatecas, San Luis, Durango et même Chihuahua, celles qui sous le régime espagnol représentaient la presque totalité de la production. Or le service des douanes est très-sévère encore, soit dans ces deux ports, soit le long des deux routes qui y conduisent. Le transport et l'embarquement clandestin de lingots y sont très-difficiles ; on les y considère comme de très-peu d'importance ; si ce n'était donc les permis d'exportations qui Ont été quelquefois donnés dans ces provinces, les tableaux

des hôtels de monnaies qu'elles renferment donneraient encore pour la période qui a commencé à l'indépendance, la production réelle des mines. En dehors de ces provinces centrales, dont il est ainsi possible de suivre la production depuis l'origine des archives espagnoles jusqu'à nos jours, .se trouve tout le territoire littoral du Pacifique, les provinces de Guerrero, Jalisco, Sinaloa et Sonora, toutes fort riches en mines d'or et d'argent. Sous le régime colonial, avant le commencement de ce siècle, ces provinces étaient bien peu peuplées et la production de leurs

mines fort minime ; mais depuis, et par suite même des relations commerciales créées par l'ouverture des ports du

Sud, elles ont grandi ; leur population s'est accrue par l'émigration venue de l'Amérique du Nord et dans ces derniers temps de Californie, leur industrie a commencé à se former, et il est certain que la production des métaux s'y développe tous les jours, mais rien ne permet d'apprécier son importance. Les mines de cette région s'ont en effet fort nombreuses; chacune d'elles est en général peu importante; elles se trouvent presque toutes peu distantes des côtes et peuvent atteindre les ports d'embarquements par des chemins muletiers nombreux, à travers une contrée d'accès très-difficile,

souvent presque déserte, où toute surveillance est par

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suite impossible ; l'action du pouvoir central sur ces douanes des ports du Sud est elle-même-fort relâchée ; l'exportation clandestine des lingots y est extrêmement active : elle échappe à toute espèce d'appréciation. Si donc on laisse de côté la production de ces provinces

des Andes du Pacifique, de très-peu d'importance sous le régime de l'Espagne, et complètement intonnue aujourd'hui, il restera pour apprécier les mouvements de l'industrie minérale du reste du territoire, les tableaux du monnayage qui, sans être des témoins absolument fidèles de la production, en accusent certainement les traits principaux. C',est à ce titre que je reproduirai les données numériques suivantes sur le monnayage des métaux précieux au Mexique.

Ces données proviennent, pour la période qui commence

en 1690 et finit en 1810, des Archives de la monnaie de Mexico, alors unique dans le pays, et pour les années suivantes jusqu'à nos jours, du total formé de la fabrication annuelle dans les hôtels qui se sont depuis établis (*) . (*) La fabrication de la monnaie d'argent a commencé, à Mexico, en 1537; mais les données précises ne remontent qu'à l'année 1695. La fabrication de la monnaie d'or remonte à 1679; mais les chiffres sont incomplets jusqu'à 1733. L'hypothèse d'une fabrication annuelle moyenne de 200.000 piastres a été adoptée dans plusieurs rapports au congrès mexicain.