Annales des Mines (1869, série 6, volume 16) [Image 45]

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PROCÉDÉS AGRICOLES.

EMPLOI DES EAUX D'ÉGOUT EN AGRICULTURE.

le plus avantageux. Il est vraisemblable que ce chiffre répondait, dans leur esprit, aux terrains que la compagnie

métropolitaine se proposait alors d'arroser, c'est-à-dire aux terrains situés le long de la Tamise, lesquels sont dans des conditions d'écoulement moins favorables que ceux de Rugby; or il est clair qu'à mesure que les facilités d'écoulement diminuent, la même dose est plus voisine du point

de saturation des cultures, et il y a dès lors intérêt à s'arrêter plus tôt dans la voie des doses croissantes. Entre les chiffres de la commission de Rugby et ceux de la compagnie métropolitaine, on peut adopter celui de 10.000 mè-

tres cubes, comme correspondant à la moyenne des terrains (*). Telle est la conclusion à laquelle on arrive en se plaçant au point de vue du plus grand profit agricole. Mais quand on examine la question au point de vue de la clarification des liquides, la limite précédente peut être considérablement dépassée. On peut facilement la doubler et même la tripler, sans craindre de préjudicier à la salubrité, si le terrain est favorablement disposé pour l'asséchement. A peine est-il besoin de dire qu'une terre forte et compacte, même drainée, conviendrait mal en ce cas, et qu'aveè de pareil volumes, il est nécessaire de se placer sur des sols légers ; mais avec des sables absolument purs, pourvus de toutes les facilités d'écoulement superficiel et souterrain, la consommation pourrait être poussée jusqu'à 4o. 000 mètres cubes par hectare. C'est, du moins, ce que tendent à prouver quelques observations faites aux environs d'Édimbourg et à Rugby. La compagnie métropolitaine a admis la possibilité de pareilles doses pour les sables littoraux qu'elle projette de reprendre sur la mer du Nord, et

la commission d'enquête de 1866 a même accepté, à la suite de ses investigations, le chiffre de 5o. 000 mètres cu(.) Ce volume ainsi réparti sur l'hectare représente une hauteur d'eau annuelle de s mètre.

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dissimuler et les auhes (*). Toutefois, on ne doit pas se le

torités que nous citons ont été les premières à le signaler, des liquides n'est à ces extrémités la parfaite épuration bien encore faire face aux nécessités plus assurée. On peut de l'assèchement et prévenir la putréfaction sur le sol, mais d'eau. La dose de on court risque de corrompre les cours à l'hectare est donc une limite extrême 4o. 000 mètres cubes dépasser, et qu'il est même pruqu'il ne faut pas songer à dent de pas atteindre. En résumé, on peut poser les chiffres suivants : mètres cubes à rhectare.

10.000

.

20.000. 40.000.

.

. .

.

Maximum du profit agricole (") et excellente épuration. Profit moyen et épuration convenable. Profit très-faible. Maximum du volume à, épurer.

II n'est pas sans intérêt de rechercher à quels nombres d'habitants dans les villes ces chiffres correspondent. Bien « Le rapport entre l'étendue de terre à arroser, disent les commissaires dans leur rapport de 1867, et la population est variable. Si le but est de clarifier l'eau d'égout sur la moindre surface possible, sans préoccupation du plus grand produit (commercial) à obtenir ou du plus haut degré de purification, un terrain à sous-sol de sable ou de gravier convient le mieux : ce terrain agit comme un filtre, il absorbe de forts volumes de liquide et l'eau coule à travers le sous-sol. Mais ce mode d'opé« rer avec d'énormes quantités de liquides sur un sol perméable ne doit pas être recommandé quand on est exposé à corrompre « des puits ou des cours d'eau. Sur un sol pauvre (sableux ou gras veleux) on peut faire passer ainsi annuellement de 5.000 à 20.000 tonnes par acre (de 12.500 à 50.00o mètres cubes par hectare), tandis que sur une bonne terre, où l'on désire obtenir des récoltes payant bien et une purification parfaite, 6.000 tonnes par acre (i5.000 mètres cubes à l'hectare) sont tout ce qu'on peut appliquer avantageusement... Si l'irrigation donne naissance à des flaques marécageuses, cela sera dû entièrement à la dispos sition du terrain, à l'insuffisance de l'écoulement à la surface et à travers le sous-sol, bien plutôt qu'à la quantité de liquide (.)

appliquée. » ("'"*) Par mètre cube, s'entend.