Annales des Mines (1869, série 6, volume 15) [Image 18]

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NOTICE SUR P. BERTHIER.

NOTICE SUR P. BERTHIER.

En faisant des recherches de minerai de manganèse dans le Nassau, aux environs de Staffel, un exploitant découvrit, en 1864, une substance pierreuse abondante sur laquelle il eut le mérite de porter son attention. L'analyse démontra qu'elle est principalement formée de phosphate de chaux, renfermant du fluor.. On ne tarda pas à en découvrir d'autres gisements, et aujourd'hui, on en connaît, non-seulement dans la contrée cle la Lahn, mais encore dans celle de la Dill, dans plus de dix communes. De même que les minerais de manganèse et de fer auxquels elle est associée,

la phosphorite du Nassau repose immédiatement sur du calcaire et de la dolomie, qui appartiennent au terrain dévonien; elle est déjà activement exploitée et une partie est exportée en Angleterre. La chaux phosphatée vient encore d'être reconnue en Belgique, où l'on s'est mis aussi à l'exploiter, dans des gîtes de pyrite, c'est-à-dire dans des conditions analogues.

Après avoir montré la fréquence et l'abondance de la chaux phosphatée dans des gisements très-divers, Berthier a, en outre, contribué à nous éclairer sur la diffusion de l'acide phosphorique dans le règne minéral, en découvrant ce corps dans d'autres combinaisons, et en des conditions où on ne l'avait pas encore signalé. Il en constata la présence dans le phosphate d'alumine de la mine de Rozières (Tarn), qui constitue une espèce nouvelle, et dans un sel qui s'était récemment déposé sur les boisages des galeries de la mine de Huelgoat. Il reconnaissait encore, en 1854, l'acide phosphorique dans le dépôt ocreux que forme la source salée de. Souhz-les-Bains (Bas-Rhin). C'est dans des dépôts ocreux de même nature que le professeur Walchner a découvert, plus tard, la présence habituelle de l'acide arsénique ('v). Parmi les situations géologiques dans lesquelles Berthier(111 convient de rappeler aussi que, dès i8/i, Berthier avait caractérisé deux espèces de phosphate de cuivre.

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a su trouver le phosphore, il en est deux qui méritent encore

d'être signalées, à cause de leur caractère tout particu-, lier, bien qu'elles n'aient pas jusqu'à présent donné lieu à des exploitations, comme les trois premiers types de gisement que nous venons de mentionner. C'est d'abord, en mélange intime avec le graphite et le quartz, près de Quillan ( Aude ) (a'), dans une roche qui paraît appartenir au terrain de transition ; en outre, dans l'un des minerais de mercure d'Idria (**) en Carniole, auquel le phosphate est intimement mélangé. La découverte, dans des gisements aussi différents, et sous des aspects aussi variés, d'une substance tout à fait dépourvue de caractères physiques remarquables, et qui, bien que destinée à acquérir une grande importance agricole, restait inaperçue, montre la judicieuse pénétration d'esprit, dont Berthier a fait preuve, dans les nombreuses recherches qu'il a si activement poursuivies, pendant plus de cinquante ans, et qui, à tant d'égards, en dehors de la science proprement dite et des industries métallurgiques,.. méritent un tribut de reconnaissance. Minéralurgie.

On vient de voir ce que Berthier a jeté de lumière dans la connaissance des substances minérales de toutes sortes; mais les procédés qui servent à élaborer ces substances, pour les approprier aux besoins de la société, et que l'on groupe ordinairement sous le nom de minéralurgie, ne sont, pas moins redevables aux découvertes de ce savant éminent. Comme l'a dit très-justement Arago,. ,( il n'est peut-être « pas d'opération métallurgique que les nombreux travaux (') Annales des mines, /le série, t II, p. 1159, 1842Traité des essais par la voie sèche, t. /I, p. 651.

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