Annales des Mines (1863, série 6, volume 4) [Image 243]

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TRAVAUX D'AMÉNAGEMENT DES EAUX MINÉRALES.

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FABRICATION DES ANCRES, ETC.

preuve de la chute, comme nous l'avons exposé plus haut. Ensuite on leur fit subir l'épreuve de l'extension au moyen de la presse hydraulique. Les quatorze dernières ancres subirent les mêmes épreuves, mais dans l'ordre inverse. On a remarqué que les ancres de la première catégorie, qui supportaient l'épreuve de la chute d'abord, résistaient à celle de la presse hydraulique. Tandis que celles de la seconde catégorie, qui avaient résisté à l'épreuve d'extension d'abord, montraient des défauts quand on les soumettait à la chute. Aussi plusieurs furent-elles rejetées. La commission conclut que l'épreuve de la chute était plus forte que celle de l'extension. Elle adopta les deux épreuves faites dans l' ordre de la première catégorie. Pour cela elle s'appuyait sur ce que l'ancre en mer supportait un effort semblable à celui produit par la presse hydraulique. Mais elle a pris aussi en considération la possibilité pour l'ancre d'avoir à supporter un choc, et par suite on adopta, comme nous l'avons dit, la double épreuve. La commission formula sa décision finale comme suit : faire subir les deux épreuves, mais ne laisser tomber l'ancre que d'une hauteur

égale à la moitié de sa longueur, et cela, une

seule fois. Ensuite ne la soumettre à l'extension par la presse hydrau-

rique que jusqu'à un effort déterminé. il me semble que l'on ne peut entièrement abandonner l'épreuve à laquelle on soumet les ancres, mais qu'il faut la modifier en la rendant plus simple. Lors de l'épreuve des ancres soudées par le marteau-pilon, jamais elles ne sont brisées par suite d'une mauvaise soudure de la crosse et des

bras. Il est vrai que dans quelques cas rares, on a

eu à

constater des cassures, mais elles se sont produites dans la soudure des bras aux pattes. Notre flotte emploie les ancres fabriquées d'après le système que nous venons d'exposer, et jamais nous n'avons entendu formuler de plaintes par les officiers de marine. Tout parle donc en faveur de ce procédé.

NOTES POUR SERVIR A L'HISTOIRE DES TRAVAUX D'AMÉLIORATION DES EAUX MINÉRALES FRANÇAISES.

(Partie continentale.) Par M. J. FRANÇOIS, ingénieur en chef des mines.

Époque féodale : 9oo à 15oo. La renaissance des eaux minérales, en France, apparaît vers la fin du x° siècle elle fut continuée du me au mn. siècle. Elle avait le caractère essentiel d'oeuvre d'assistance aux classes malheureuses et de fondation pieuse. Les grands feudataires, les corporations religieuses y concoururent. Le mouvement fut marqué surtout au milieu du mue siècle, quand, après la cinquième croisade, saint Louis institua les maladreries, pour combattre les maladies importées de l'Orient. On sait que plusieurs de ces établissements furent fondés dans la Provence, le Languedoc et pays contigus. Un certain nombre fut établi sur les lieux d'eaux minérales. On rapporte à cette époque la reprise d'Aix (Provence), de Balarue, d'Arles-les-Bains (Amélie), de Saint-Michel (Vernet), de Rennes, de Saint-Savin (Cauterets), de Luchon, etc. Alors, on se bornait à dégager les sources et les bassins d'origine gallo-romaine. Quelques-uns de ces bassins furent recouverts de voûtes basses ; le plus grand nombre resta à ciel ouvert. Une gravure du livre De balneis montre comment on utilisa, pendant une longue suite de siècles, la

grande piscine antique de Plombières, sur laquelle, en 1858, on a établi le bain romain.