Annales des Mines (1863, série 6, volume 4) [Image 117]

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ÉTUDES SUR L'ACIER.

ÉTUDES SUR L'ACIER.

Cette disposition des consommateurs les conduisit par compensation à diminuer le chiffre de leurs offres, ce qui amena une baisse qui porta d'abord sur les aciers acceptés pour les usages nouveaux, et qui ne tarda pas à atteindre tous les aciers sans distinction ; en sorte que les acheteurs pesèrent partout à la 'fois en poussant la production vers une diminution générale de qualité. Une baisse opérée ne manque jamais d'être attribuée principalement à un progrès

La seule mesure qui puisse servir de base à 1111 classement des aciers, est « la valeur commerciale, valeur constatée par une vente régulière après que les causes de perturbation ont été écartées sous la puissante influence du temps et de l'expérience.» Je repousse donc comme insuffisants et dangereux par les conséquences qu'ils peuvent avoir, les jugements portés à la suite d'essais d'ateliers sur des produits qui n'ont pas encore reçu la sanction de la consommation ré-

dans la fabrication; on voit que cela n'est pas complètement exact pour le cas qui nous occupe. L'époque des nouvelles applications coïncida, il est vrai, à peu de distance, avec l'apparition des aciers puddlés, et

gulière.

vient d'être suivie de l'arrivée des produits de l'appareil Bessemer : on comprend, par suite, comment, par différentes causes, conduisant au même résultat, le vrai type de l'acier stable a été exposé à être parfois perdu de vue, et comment on a pu donner ce nom sans hésitation à des produits encore bien nouveaux. Les idées opposées se reproduisent sous nos yeux parce que l'on embrasse aujourd'hui dans la même désignation commune d'aciers, des produits nombreux très-différents entre eux, et dont plusieurs sont d'un usage trop récent pour que l'expérience des consommateurs ait pu porter sur eux un jugement définitif. Après avoir constaté le mal, dont les conséquences sont trop faciles à apprécier, et après avoir indiqué son origine, il ne reste, pour faire disparaître toute cause d'erreur, qu'à remonter aux sources, en faisant appel encore une fois au bon sens et à l'expérience pratique. La tâche est rendue facile par les travaux d'un homme éminent qui, à une autre époque, a su poser la question de l'acier sur sa seule base solide. Avec M. Le Play, je dois déclarer que je ne puis consi-, dérer comme aciers que les aciers de tout le monde, ceux auxquels un emploi industriel suffisamment long et suivi de .succès a permis de conserver ce nom sans contestation.

Quant aux aciers incomplets, instables ou nouveaux qui ne paraissent posséder que certaines propriétés des anciens aciers, je laisse à l'usage de quelques années le soin de décider si le nom d'acier doit leur être définitivement conservé, mais j'aurai évité toute cause de surprise, en constatant avec M. Le Play « que les personnes qui au-

ront à juger des questions relatives à l'acier, et qui ne voudront pas se laisser égarer par les assertions erronées que pourront suggérer les préjugés, les préventions et les intérêts, devront prendre pour point de départ de leurs études la valeur commerciale des fers à aciers » ou des fontes qui servent ou devront servir aux élaborations pour acier.

Car je tiens aussi au nombre des axiomes métallurgiques les mieux établis, ainsi qu'Qn le verra par l'ensemble du présent travail, l'influence dominante des minerais sur la qualité des aciers qu'on en obtient. Étude sur le procédé Bessemer.

Je n'ai pas l'intention de donner ici un traité théorique ni un guide pratique du procédé Bessemer. La théorie complète exigerait des expériences directes que je n'ai pas encore

eu le temps de terminer; et l'exposé de tous les détails

pratiques m'entraînerait au delà des limites assignées à im mémoire destiné aux Annales des mines. Toux IV, 1865.

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