Annales des Mines (1863, série 6, volume 4) [Image 21]

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EN IUELGIQUE ET EN PRUSSE.

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FABRICATION DU COKE

bout de cette galerie, dans un grand conduit commun à douze fours, et aboutissant à une cheminée unique. Les gaz de deux fours accolés se mêlent, comme on le voit, pour chauffer la paroi intermédiaire et les deux soles. Nous appelons partie antérieure celle par où sort le gâteau de coke; la partie postérieure présente deux ouvertures

superposées ; l'inférieure sert à placer le bouclier qui la ferme complètement; la plus petite, qui est au-dessus, sert à introduire les instruments destinés à égaliser la charge.

La sole est inclinée de 1/5o environ d'avant en arrière pour faciliter le glissement du coke. L'air est introduit directement dans le four ; de petits carneaux percés suivant l'axe au-dessus du compartiment communiquent avec ce dernier par quatre conduits verticaux répartis sur la moitié de la longueur. Il y a pour la longueur du four deux de ces carneaux séparés par l'orifice de char-

gement; on peut les boucher plus ou moins avec une brique ; ils servent à la fois, pour l'air, de réservoir et d'appareil de chauffage. Les dimensions moyennes de l'ellipse, qui est la génératrice du compartiment, sont de -,25 sur

la longueur est de 4 mètres.

Les fours de l'Agrappe sont au nombre de 48, partagés en deux massifs de 24; chacun de ces massifs est lui-même décomposé en deux batteries de 12 fours ayant chacune sa cheminée à une extrémité. La disposition générale est fort bonne ; les deux massifs étant séparés par une tranchée

traversée par le chemin des houillères, Sainte-Hortense, l'Agrappe, Griseuils, le coke est amené immédiatement audessus des wagons. Nous allons étudier tout le cours d'une opération à partir du chargement : il se fait mécaniquement. Tout le long du

massif, au milieu de sa largeur, règne sur la plate-forme supérieure un chemin de fer sur lequel circulent des wagonnets contenant la houille toute broyée. Entre les deux rails s'ouvre, au sommet de la voûte de chaque four, un

orifice circulaire de orn,45 de diamètre que l'on peut fermer au moyen d'une plaque en fonte ; lorsque l'on veut charger un compartiment, on amène au-dessus de lui une série de wagons ; en tirant la plaque mobile qui en forme le fond, on fait tomber le charbon qu'ils contiennent dans l'ouverture. Pendant ce temps, un ouvrier placé en bas égalise la charge

par la porte spéciale au moyen d'un long ringard. La houille qui est tombée à côté du trou y est poussée le plus rapidement possible ; et on replace la plaque en fonte; on s'occupe aussitôt de fermer les portes : cette opération se fait facilement pour celles qui sont placées au fond du four. Le bouclier, qui présente à sa partie inférieure une ouverture correspondant à une raînure qui règne sur toute la longueur

de la sole, est mis en place et soigneusement luté. La porte antérieure, formée d'une épaisse plaque en fonte garnie intérieurement d'une couche de briques réfractaires,

se manuvre au moyen d'uue grue portée sur un petit chariot qui, roulant sur une voie ferrée spéciale placée à la partie antérieure du massif, la transporte successivement au-dessus de chaque four. Pour ouvrir les fours, on soulève la porte après avoir enlevé le lut ; pour fermer, on la laisse retomber. Deux avancements qu'elle porte viennent se poser sur deux pièces de fer fixées solidement dans le mur; lors-

qu'elle est en place, on lute soigneusement les joints. La charge est de 3.goo kilogrammes pour chaque four. Une cuisson de 48 heures suffit pour obtenir un coke très-dense et tout à fait propre au service des locomotives ; on lasse cependant quelquefois le coke pendant 72 heures dans les fours. L'opération terminée, on détache le lut et on enfonce à coups de masse dans la rainure inférieure une longue barre de fer qui porte à son extrémité postérieure une oreille saisissant bien le bouclier; l'autre bout dépasse la porte antérieure : on y adapte une chaîne qui est reliée à un cabestan

circulant sur trois rails parallèlement au massif, comme celui que nous avons déjà décrit; le gâteau est enlevé. On