Annales des Mines (1863, série 6, volume 3) [Image 31]

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SOURCES THERMALES DE ROURBONNE-LES-BAINS.

« d'une verge, elle fut trouvée de 25 pieds au-dessous du « radier de l'aqueduc, et en y ajoutant 16 pieds de profon« deur des fouilles au-dessus de ce radier; il en résulte un « total de 41 pieds 4 pouces (i 5',42) pour la hauteur dont « les eaux s'élèvent, depuis leur courant souterrain jus« que dans les bassins militaires. « Pour achever le détail de la construction du bain im« périe de l'hospice, il suffit d'ajouter que, des trois tubes « en plomb qui l'alimentent, les eaux du premier situé danS « la rue, et celles du deuxième contenu dans le bâtiment, « se réunissent dans un grand puisard; de là, pour les faire « monter dans les réservoirs des douches, l'ingénieur y a « adapté un chapelet avec une corde et des pelottes sphé« riques de chanvre, en évitant autant que possible l'usage du cuivre et du fer que l'action corrosive des eaux détruit « en peu de temps ; cette machine est celle dont on se sert encore aujourd'hui ('u), comme la plus simple et la moins « dispendieuse. Pour faire monter l'eau depuis l'orifice des

tubes de plomb jusqu'au niveau du fond du puisard et « des bassins, le moyen le plus sûr qu'on ait trouvé, a été de forer sur un diamètre de 4 pouces, des pierres dures et de fort appareil qui forment l'axe d'ascension des eaux,

« et qui, revêtues de maçonneries avec excellent mortier « de ciment , paraissent devoir pendant longtemps empêcher toutes extravasions. A leur dégorgement, chacun de « ces tubes est couronné d'un chapeau en cuivre étamé, « percé d'un nombre de trous suffisant pour donner passage « au volume d'eau et empêcher qu'aucun immondice con-

sidérable ne puisse s'insinuer dans la conduite, et dans 11,1111

« tous cas d'accidents, faciliter l'expulsion des matières qui « l'encombreraient. »

D'après les nombres ci-dessus indiqués, les tubes doi-

vent avoir leur partie inférieure à l'altitude d'environ' (*) Le mémoire est daté de 18.8.

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242 mètres. Lebrun croyait qu'ils prenaient leur eau dans un aqueduc inférieur qui commun, quait avec les sources de l'établissement civil auxquelles on attribuait une égale profondeur. Il s'appuie même sur cette supposition, pour cal-

culer l'époque à laquelle on a commencé à utiliser les sources thermales de Bourbonne. Il fait remonter au temps des Romains les constructions trouvées à la partie supérieure des tubes, parce qu'il y rencontra beaucoup de médailles à l'effigie des derniers Césars, il dit à cet égard « Mais en réfléchissant sur l'existence évidente du canal « souterrain qui correspond aux tubes ascendants, on resta « convaincu qu'il n'est qu'une dérivation de la source pre« mière qui vraisemblablement se trouve être à même pro-

« fondeur sous le puisard du bain public, appartenant à « madame de Chartraine. « Maintenant, si l'on se rappelle que les travaux faits par « les Romains vers le ier siècle, ne descendent qu'à 17 pieds

« au-dessous du sol actuel, tandis que les constructions « primitives sont à peu près à 41 pieds au-dessous du même

« niveau, on ne verra pas sans une sorte d'admiration, « quelle antiquité doivent remonter les constructions pre« mières et l'usage de ces eaux. «En effet, puisqu'il s'est écoulé 1.700 ans au moins de« puis l'élévation du sol au-dessus des aqueducs romains

« il a fallu, dans le même rapport, un intervalle au moins « de 9.5 o o ans pour l'élévation du même sol jusqu'à 25 pieds

« au-dessous du fond où coulent les sources, et par couse« quent la distance des temps où les premiers travaux ont

« été faits jusqu'à nos jours, peut être évaluée à plus de « 4. 000 ans, sans compter que pendant plusieurs siècles, « on a pu faire usage de ces eaux, avant d'être obligé d'em« ployer l'art pour les mettre à profit. » Ces considérations nous paraissent manquer de fondement. Il n'existe à la partie inférieure des tubes en plomb aucun aqueduc pour amener les eaux de la source du pui-