Annales des Mines (1862, série 6, volume 2) [Image 265]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

452

EXTRAITS DE GÉOLOGIE POUR L'ANNÉE 1861.

PHÉNOMÈNES ACTUELS.

forêts diminuent les crues et les chances d'inondations, tandis que les autres pensent qu'elles les augmentent et qu'elles agissent, en

trois sortes de produits, ceux qui sont engendrés: i° par les glaces ou par les eaux à l'état solide, 2° par les eaux douces, 3' par les

tout cas, d'une manière très-différente suivant les saisons. Ces résultats contradictoires nous montrent combien la question est complexe; elle ne peut évidemment être résolue que par des expériences variées qui seraient discutées avec soin, faites dans des lo-

calités bien comparables, sur des sols également perméables et qui seraient poursuivies pendant un certain nombre d'années. Éboulements. MM. He us e r et Cl ar az (i) ont remarqué au Brésil que de fortes pluies pouvaient occasionner des éboulements qui contribuaient à modifier la configuration du sol. Les uns s'étaient produits perpendiculairement et les autres parallèlement à la stratification des couches. Ainsi, l'argile résultant de la décomposition d'un sous-sol granitique se met en mouvement lorsque, se trouvant sur des pentes, elle vient à être complétement imbibée par l'eau.

Ce phénomène peut d'ailleurs se produire sur une étendue de quelques arpents; et la présence des arbres ne l'empêche pas entièrement, car il s'observe même dans les forêts vierges.

Comparaison de la température dans l'air et dans le sol. M. Po urriau (2) a comparé la température dans l'air et dans le sol, à une profondeur de 9 mètres. Ses expériences qui ont été faites à la ferme-école de la Saulsaie ont été poursuivies pendant cinq années. La température moyenne de l'air étant °,2 i, celle du sol est notablement plus grande et égale à 12°,79. Tandis que la température moyenne du sol est plus élevée que celle de l'air en hiver et en automne, elle est moins élevée en été de 2' environ ; mais au printemps les températures moyennes du sol et de l'air sont sensiblement égales. La moyenne des maxima extrêmes est égale à 34°,5 dans l'air, et seulement à 19,75 dans le sol ; d'un autre côté, la moyenne des minima extrêmes est de 12°,1/i dans l'air et de 60 dans le sol. La chaleur se propage d'ailleurs lentement dans l'intérieur du sol ; en sorte qu'a 2 mètres de profondeur le maximum de température arrive seulement à la fin d'août et le minimum vers la fin de février. Ces résultats s'accordent avec ceux obtenus déjà par d'autres observateurs. PRODUITS AQUEUX..

Passons maintenant aux phénomènes actuels qui résultent de l'action des eaux à la surface de la terre. Il faut alors distinguer Bibliothèque universelle de Genève, 66` année, 1861; X, 174. Comp. rend., 1861; LIII, 647.

455

mers.

Produits aqueux solides. Propriétés de la glace. La glace possède quelques propriétés physiques exceptionnelles qui ont été bien mises en évidence par des

expériences de MM. Faraday, Thomson et Tyndall. Nous allons les faire connaître sommairement d'après M. L. Foucault Bien que la glace soit incontestablement un corps solide et fragile, elle possède une propriété adhésive qui apparaît surtout dans le phénomène auquel on a donne le nom de regel. Il consiste en ce que deux morceaux de glace fondante appliqués l'un sur l'autre se soudent immédiatement par la solidification de la couche liquide

qui 'nouille leurs surfaces. Maintenant, d'après le principe de Carnot qui a été vérifié par l'expérience, comme la glace se dilate en se solidifiant, la pression tendra nécessairement à abaisser son

point de congélation, et par suite à la ramener en partie à l'état liquide. Alors, si l'on suppose que la glace soit pressée contre de la glace, il se produira une fusion aux points de contact ; mais si

les deux parties ne changent pas de position, la fusion survenue en ces points les délivre aussitôt de la pression qui, transportée en d'autres points, permet à la couche liquéfiée de se reprendre en glace. Ainsi se forment les premiers centres de soudure qui, par le déplacement progressif des pressions, s'étendent et se consolident jusqu'à ce que la somme des adhérences soit assez grande pour supporter sans changement d'état la somme des forces qui sollicitent l'une vers l'autre les deux masses de glace. C'est la même

cause qui produit le glissement et qui engendre consécutivement l'adhérence. Indépendamment de ce que la glace glisse et adhère à elle-même, elle est encore affectée d'une fragilité extrême. Ces trois propriétés expliquent donc pourquoi, dans une substance vitreuse et fragile comme la glace, le dégel et le regel qui accompagnent les

variations de pression Permettent d'exécuter des changements de forme aussi étendus, aussi complets que si l'on opérait sur une substance malléable ou plastique.

Phénomènes relatifs aux glaciers.

Malgré les travaux d'A-

gassiz, de Charpentier, l'orbes, Desor, Martins, Colomb et des nombreux savants qui se sont occupés de l'étude des (I) L. Figuier. L'Année scientifique et industrielle, e année, 32.