Annales des Mines (1862, série 6, volume 1) [Image 211]

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ÉTAT PRÉSENT DE LA MÉTALLURGIE DU FER

EN ANGLETERRE.

ballages, ceux - ci dissimulant les défauts du premier.

l'intensité du mal que nous venons de signaler ; parfaites, elles l'atténuent sans le détruire imparfaites, elles l'aggravent, en provoquant les déformations du rail. Nous avons montré déjà combien les sections agrandies des paquets sont favorables au soudage à cur, mais 'que pour en tirer le meilleur parti, il fallait que certaines conditions accessoires fussent toutes bien remplies. Or, disons d'abord, sauf à le prouver mieux plus loin, que dans le roulement précipité de la fabrication galloise, la double chaude est rarement parfaite. En outre, la plupart des reproches adressés plus haut aux paquets de couvertes sont à faire aux trousses pour rails. L'hétérogénéité des mises, l'irrégularité du remplis-

Véritable effet des couvertes ballées. On obtient ainsi des

rails qui, surtout finis un peu chauds , Sont très-propres à l'extérieur ; le profilage, même celui des parties les plus minces, n'y laisse point apparaître trop de criques, malgré le défaut bien constant de ces fers d'être cassants à chaud. Mais sous ce facies flatteur, les produits offrent-ils la solidité qu'on voudrait leur reconnnaître? N'est-ce point toujours l'histoire de la chaîne en soie et de la trame en coton?

Épaisseur des couvertes. -- L'épaisseur des couvertes varie de i pouce à i pouce 1/2 (25 à 37 millim.) Au-dessous de 1 pouce, on estime que la couverte s'amincirait trop à l'étirage pour que la surface du rail résistât longtemps àlapression deslocomotives. Au-dessus de i pouce 1/2

le réchauffage est trop long ; le fer brut se brûle avant que le fer de couverte n'ait atteint la chaleur soudante. En outre, plus la couverte est épaisse, plus elle a de tendance à glisser au laminage sur le fer puddlé, auquel elle ne se soude pas. Déjà même dans les limites d'épaisseur qui précèdent, le er puddlé, toujours plus ramolli, fuit, pour ainsi dire, sous le fer ballé naturellement plus dense, plus sec, moins compressible. De là une double conséquence ; les feuilles ou lames de la couverte ne se soudent pas entre elles beaucoup plus qu'elles ne l'étaient avant le travail de finissage, et elles ne s'unissent qu'imparfaitement au corps du paquet. Enfin si l'on calcule, d'après l'étirage total des paquets, l'épaisseur que prend la couverte dans le rail fini, on trouve 4 à 6 milimètres ; on voit par là à quel degré de minceur doivent être réduites les lames de la couverte; il est aisé de prévoir qu'à l'usage, les éléments d'un pareil tissu se détacheront comme les torons d'une corde, au bout d'un temps très-court. L'état des soudures Influence des soudures intérieures. intérieures exerce naturellement une certaine influence sur

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sage, sont à peu près les mêmes dans un cas que dans l'autre. Avec des assemblages comme ceux des fig. 4, 5, 7, 8 et 9, le bénéfice des grandes sections devient à peu

près illusoire ; entre des fers de nature si différentes le soudage a les plus grandes chances d'imperfection, Influence des fontes à scories de forge sur le soudage. Les résultats définitifs obtenus dans le pays de Galles ne sont cependant point aussi mauvais que tout ce qui précède semblerait le faire craindre, touchant la soudure. Ce district trouve dans la nature même de ses fers un correctif aux défauts du procédé que bous venons de décrire. Ces fers sont soudants, propriété qu'il faut sans nul doute at-

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tribuer à leur teneur en phosphore et silicium. Sous ce rapport, les scories de forge dont on surcharge les lits de fusion pour fontes à rails auraient un avantage balançant l'inconvénient de compromettre la ténacité des rails à froid. Faut-il aller jusqu'à dire, comme nous l'avons en-

tendu soutenir par un des fabricants gallois les plus entendus, que ,( les rails font un usage d'autant meilleur qu'ils « proviennent de fontes à doses plus élevées de scories? » Nous ne le croyons pas tout à fait, bien que nous soyons convaincus que la ténacité à froid elle-même a des rapports