Annales des Mines (1861, série 5, volume 19) [Image 246]

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MACHINES A GAZ DE M. LENOIR.

EXPÉRIENCES FAITES AU CONSERVATOIRE.

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Un mètre cube de gaz d'éclairage fournirait environ les

trois quarts de la chaleur que peut dégager la combustion d'un kilogramme de houille ordinaire. La température des gaz produits par la combustion est sans doute très-grande ; mais si l'on réfléchit que chaque coup de piston ne fait entrer dans le cylindre qu'un volume de gaz d'éclairage égal à 0,402 litre ou à o,0004o2 mètre cube, on voit que la chaleur dégagée par coup de piston s'élève seulement à 6.000 x0,000402 =24 calories ; on ne sera pas étonné que la température de ces gaz s'abaisse instantanément au contact des parois en métal.

Quant à la température absolue au moment de l'inflatnmation, on pourrait la calculer approximative-

ment en tenant compte de tous les produits de la combustion, c'est à-dire de l'eau , de l'acide carbo-

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nique, de l'oxygène et de l'azote qui représentent les éléments mis en présence au moment de l'inflammation. Nous en donnerons un peu plus loin une valeur approchée. 6. Dépense d'eau. A moins de transformer une grande partie de l'eau de circulation en vapeur, il résulte de nos expériences qu'il ne faut pas dépenser par force de cheval et par heure moins de 120 litres d'eau, et encore les gaz de la combustion sortent-ils du cylindre à une température supérieure à celle de la fusion de la soudure des plombiers ; on ne peut estimer cette température audessous de 220°,et les gaz produits conservent encore

plus de 15o° à l'extrémité d'une conduite d'échappement de 5 mètres. Cette dépense d'eau, qui paraît être accessoire dans le fonctionnement des machines à gaz, est cependant

12. Influence sur les becs allumés dans le voisinage.

On nous avait prévenu que des plaintes nombreuses

s'élevaient de la part des consommateurs de gaz qui avaient à subir le voisinage des machines Lenoir. Pour bien apprécier cette influence, nous avons fait fonctionner les machines après l'allumage de tous les becs des deux amphithéâtres du Conservatoire.

Lorsque notre petit gazomètre était interposé, les flammes vacillaient si peu qu'il eût été nécessaire d'être

prévenu pour en faire l'observation ; cependant cette faible influence se faisait sentir jusqu'à 5o et 4o mètres à l'amont. En établissant directement la prise du gaz sur la conduite, les becs voisins de Io mètres se sont éteints tous ceux du grand amphithéâtre étaient soumis à des variations si grandes qu'il eût été impossible de les tolérer à une distance moindre que 40 mè-

tres; dans l'autre amphithéâtre, c'est-à-dire à plus de ioo mètres de distance, l'influence de la machine était encore très-marquée. Ces observations prouvent que l'on ne pourrait étaMir directement une machine à gaz sur la conduite, sans

l'interposition d'un gazomètre ou tout au moins d'un réservoir régulateur ; mais elles démontrent aussi que l'on écartera facilement tout inconvénient de cette nature au moyen d'un réservoir intermédiaire, auquel il suffira certainement de donner une capacité de Son litres pour une machine de i cheval. On a vu par ce qui précède les soins que nous avons pris pour nous rendre un compte exact de toutes les particularités du fonctionnement de cette machine, et l'on nous permettra sans doute de résumer nos appréciations et de dire en toute sincérité ce que nous pensons