Annales des Mines (1860, série 5, volume 17) [Image 261]

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SUR LES MACHINES ENGERTH, ETC., ETC. OBSERVATIONS

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Cette nécessité, on vient de voir dans quel sens l'expérience a prononcé sur elle. L'auteur de la dissertation gur lés machines à huit roues couplées, et des doctrines d'adhérence, avait, au surplus, con-

staté lui-même sur les lieux quel était en 1849 l'état de la

question des contre-poids en Angleterre. « Dans les machines du Great-Western, » disait-il (I), » les » parties tournantes sont équilibrées. Le poids des pièces sou mises au mouvement alternatif horizontal ne l'est pas, » Aux ateliers de Crewe, même équilibre qu'à Swindon. Même règle aux ateliers de MM. Sharp à Manchester. « Les constructeurs n'ont pas jugé utile de porter les contre-poids au delà des parties tournantes » (page 108). Le contre-poids qui équilibre ce qu'on appelle improprement les parties tournantes, est précisément celui qui réalise l'équilibre vertical. En somme, qu'adopte-t-on universellement? tantôt l'équilibre

vertical, tantôt un équilibre moyen, qui s'en rapproche beaucoup ; quelquefois même (et à tort), on ne l'atteint pas. Quant à l'équilibre horizontal, cet équilibre parfait, complet, on ne l'applique jamais.

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» graves pour les bandages et pour la voie, etc.; pour les ma» chines, quand elles marchent à grande vitesse, le danger » immédiat d'un déraillement partiel, c'est-à-dire le danger, à » coup sûr assez prochain, d'un déraillement total. » Mais la destruction partielle des perturbations horizontales par les contre-poids de l'équilibre vertical, est-elle » réellement suffisante? N'y a-t-il aucun inconvénient à laisser» au défaut de liberté de la machine le soin de fournir à la stabilité le complément qui lui manque? » Cette stabilité a un vice grave, elle est forcée...

» On voit, en résumé, que la question de la stabiiité n'est » résolue pratiquement ni par le contre-poids de l'équilibre » vertical ni par le contre-poids de l'équilibre horizontal... ( i) » J'étais donc, on le voit, bien moins absolu en 1855 que ne l'est la pratique aujourd'hui. Elle m'a donné plus que raison. J'ajouterai que j'avais à tort, dans le mémoire dei 855, indiqué (page /8) M. Nollau comme recommandant l'équilibre horizontal (2). Cet ingénieur avait, en effet, calculé cet équilibre, mais avait soin de le repousser en pratique (voir plus bas, page /190), et de s'arrêter précisément à cet équilibre moyen que le Guide

du mécanicien lui reproche, bien à tort, on l'a vu, d'avoir adopté (3).

On se demande, en vérité, dans quel but l'auteur me met

Voilà ce qu'on fait. Voici maintenant ce que je disais dans la « malheureuse campagne » de 1853 Conclusion. simultanée, par un mouvement unique, » La compensation des mouvements distincts de la manivelle, de la bielle et du piston, est impossible. Obtenu par ce moyen, l'équilibre horizontal et l'équilibre vertical sont incompatibles. Il faut opter entre eux ou prendre un terme moyen. contre-poids n'est pas » La convenance de l'application d'un et n'a jamais été mise en question. En fait, tout le monde est d'accord sur un point : l'utilité d'un contre-poids réalisant l'é» quilibre vertical. Mais faut-il s'en tenir là, ou aller jusqu'à l'équilibre hori-

dans la nécessité de revenir sur ces détails. Est-ce bien un zèle

zonial? trèse Ce dernier parti entraîne, on l'a vu, des conséquences

batrices, et lit voir qu'on pouvait la détruire rationnellement par cation des contre-poids. Il est à remarquer, toutefois, qu'il s'est arrêté dans la voie qu'il avait ouverte, en établissant en quelque sorte un équilibre

(t) Lettre insérée à la suite de la brochure Sur la stabilité des machines locomotives, page ton.

inconsidéré mais louable dans son principe qui l'entraîne et l'égare? Agirait-on autrement si on obéissait à un sentiment contraire?

L'ingénieur auquel il fait allusion n'a certes nul besoin do ses certificats. Il a rendu un service réel en contribuant à la

propagation des contre-poids, qui étaient connus, comme il le dit lui,même, depuis longtemps, mais qui n'étaient pas assez généralement appliqués ; le travail de M. Nollau n'avait reçu, Des contre-poids appliqués aux roues motrices, page 27. Le travail de M. Ncillau est fort peu connu en France. Il n'a jamais été traduit dans notre langue, quoiqu'il méritai. de luire. Il est court, substantiel, et, encore intéressant aujourd'hui, malgré sa date ancienne. On le trouvera plus bas. C'est presque un acte de justice envers un ingénieur qui a traité la question si conipletement et avec une sagacité remarquable. M. Nollau lit connattre, en 1340, la cause exacte des actions pertur-

» moyen.. »

(Guide du mécanicien, page 379.)