Annales des Mines (1859, série 5, volume 16) [Image 15]

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DU PLATINE ET DES METAUX

QUI L'ACCOMPAGNENT.

du platine que nous avons étudiés, qu'il nous soit permis de remarquer combien on a laissé incomplète l'histoire des propriétés physiques de certains corps simples et en particulier des métaux du platine, à ce point que pour celle qui semble la plus facile à déterminer, la

à M. Claus l'insigne honneur de découvrir le ruthénium que parce qu'il a opéré sur des quantités de matière insuffisantes. Après Berzelius et M. Wiffiler, après MM. Claus, Fremy, Fritzsche et encore d'autres habiles chimistes, qui ont étudié le platine et les métaux du platine par les procédés ordinaires de la voie humide, il ne nous restait pour obtenir quelques faits nouveaux, d'autre ressource que de changercompiétement de méthode c'est ce que nous avons fait,

densité, on ne trouve en général dans les traités de chimie que des indications discordantes. Berzelius, opérant sur les petites quantités de matière qu'il avait à sa disposition, se contentait de découvrir les corps simples, leurs réactions importantes, leurs équivalents, et, après ces magnifiques travaux que tout le monde

connaît, il semblait dédaigner le radical qu'il avait isolé, et en général il ne le soumettait qu'à l'action des réactifs, négligeant d'étudier sa forme et les modifications qu'il pouvait recevoir des agents physiques. Nous

ne voudrions pas laisser croire cependant que nous critiquons en quoi que ce soit la méthode de Berzelius,

et les résultats qu'elle a produits, surtout en ce qui concerne les métaux du platine. Depuis que nous avons nous-mêmes pris une Connaissance complète de ses

travaux à ce sujet, nous avouerons qu'il a laissé bien peu de chose à faire dans la voie qu'il avait tracée. Ceux qui voudront se donner la peine de lire avec attention tout ce qui concerne cette question dans le Traité de chimie de Berzelius (1), verront qu'il n'a laissé

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et nous allons donner les résultats auxquels nous sommes arrivés. S I. Osmium.

L'osmium a été préparé jusqu'ici sous un état tel, que l'histoire de ses propriétés physiques est aussi incomplète que si l'on ne connaissait le fer qu'à l'état de Lei pyrophorique, ou le silicium et le bore qu'à l'état de matières amorphes et éminemment combustibles. Nous avons considéré l'osmium comme un métalloïde ; et, en effet, comme un certain nombre de métalloïdes, l'osmium a la propriété de changer entièrement de propriétés chimiques et physiques suivant la manière dont il a été préparé. L'osmium ordinaire, préparé par les

procédés de Berzelius, est une masse spongieuse à demi métallique, exhalant une odeur très-forte d'acide

(,) Berzélius (voyez la première édition française, t. IV, p. 456 et 457, 183i) donne le mode de préparation de ruthénium par l'un des procédés recommandés par M. Claus ; il trouve le sel rose, 11u2C13, 2C1K, caractéristique du ruthénium, et la composition du chlorure, IluC13, en mentionne l'analogie

osmique, ce qui indique une altération sensible par l'oxygène à la température ordinaire. Sa densité est égale à 7 . Si on l'obtient en réduisant un mélange de vapeur d'acide osmique et d'hydrogène, comme l'a fait Berzelius, il est métallique et prend une densité

et les différences avec le chlorure de rhodium auquel il le

de 10 environ.

compare, conclut que ce n'est pas du rhodium de sa résistance au bisulfate de potasse, et admet seulement que c'est un chlorure sus-indique, parce que (, quand on chauffe le métal qu'on » eu extrait par l'hydrogène dans du gaz chlore avec du chlo» rure potassique, il ne. donne. que du chlorure iridico-potas-

» sique ordinaire, en sorte qu'il est impossible d'attribuer son » existence à la présence d'un métal étranger mêlé à l'iridium. » En outre, l'osmium est susceptible de former des sels roses » analogues. »

Divers états

de l'osmium.