Annales des Mines (1858, série 5, volume 14) [Image 328]

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MANOMÈTRE A MAXIMA.

MANOMÈTRE A MAXIMA.

tant que la limite réglementaire n'est pas dépassée ; mais

Les règlements de traction de quelques compagnies prescrivent aux mécaniciens de détendre les ressorts à dès que la durée du stationnement doit dépasser une certaine limite, mais .cette durée n'est pas toujours prévue. Quand un train de marchandises est retenu sur une voie de garage ou de croisement pour livrer passage à un train qui doit le dépasser ou le croiser, on est souvent dans l'impossibilité de prévoir la durée de ce sta-

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dès qu'elle l'est, l'aiguille supplémentaire, retenue par un cran d'arrêt (c, c, c), ne revient pas avec l'aiguille

ordinaire quand la pression baisse. Elle garde sa position accusatrice, à moins qu'un excès de pression plus grand encore que le premier ne vienne pousser l'aiguille à un second cran, qui la retient à son tour. Utile en marche, l'indication de la pression maxima le sera bien plus encore de stationnement : c'est là, en effet, qu'est surtout le danger ; les exagérations volontaires sont moins à craindre que les exagérations qui se produisent, l'ante de surveillance, dans les machines en stationnement. Le tirage est fort atténué, il est vrai ; mais les cylindres ne dépensant plus, la vaporisation est souvent assez active encore pour que la pression monte rapidement, malgré le soulèvement complet des soupapes, au-dessus du chiffre réglementaire ; les essais auxquels nous avons procédé, M. Lamé-Fleury, ingénieur des mines, et moi, à la suite de l'explosion d'une locomotive en stationnement (la Tepic, du chemin, de

fer de l'Est), établissent ce fait (1). On sait d'ailleurs, et j'ai constaté fréquemment que des soupapes réglées à em., par exemple, et qui parlent exactement à cette pression, en marche, ne quittent leur siège qu'a 900. et même gatm 1/2 quand la machine est immobile. L'ébranlement produit par un faible choc ,'tel qu'un coup

de marteau sur la chaudière, suffit d'ailleurs pour les détacher brusquement. (I) On a opéré successivement avec de la houille de Saarbrücke et avec du coke provenant de la même houille. La pres-

sion monte moins rapidement avec le coke, mais à cela près l'effet est le même.

Il serait d'ailleurs moins prononcé avec des combustibles moins facilement inflammables que ceux dont on fait usage sur les chemins de fer de l'Est.

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tionnement. Dans le doute, le mécanicien évite de laisser tomber sa pression ; il ne capuchonne pas la che-

minée et recharge la grille. Dans tous les cas, la règle rappelée tout à l'heure est une de celles dont il est le plus difficile d'assurer l'exécution, en dehors des dépôts. Le manomètre à maxima en déterminerait certainement la stricte observation. L'application suppose d'ailleurs deux conditions Il faut : i° que le mécanicien ne puisse pas ouvrir

l'instrument pour dégager l'aiguille des crans d'arrêt ; 20 qu'il ne puisse pas. en fermant le robinet de communication entre la chaudière et le manomètre, paralyser ainsi à volonté l'instrument. Ces deux conditions sont faciles à remplir ; un cadenas, dont la clef serait entre les mains du chef de dépôt, présenterait des garanties médiocres, mais il est facile de plomber l'instrument. Lorsqu'une machine rentrerait au dépôt avec l'index indiquant une pression interdite, le chef du dépôt briserait l'estampille, ramènerait l'index et plomberait de nouveau la boîte. Quant au second point, la suppression du robinet pourrait soulever quelques objections ; quoique la rupture du tube élastique soit fort rare, elle peut cependant se produire, et exiger que l'instrument soit isolé de la chaudière. Mais comme l'usage du robinet est très-rarement nécessaire, il n'y a pas d'inconvénient à le plom-