Annales des Mines (1858, série 5, volume 14) [Image 322]

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6o6 EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE EN TOSCANE

PENDANT L'ANTIQUITÉ ET LE MOYEN AGE.

ments, sans doute pour jouir du double avantage de

étaient en exploitation dès la plus haute antiquité. De là l'idée naturelle aux barbares de reprendre les mines toscanes. Aussi quelques personnes font-elles remonter la reprise des mines de l'Étrurie immédiatement après le calme qui suivit l'invasion , c'est-à-dire vers le lx' ou x.° siècle, et de fait nous voyons déjà, en 896, le marquis Adalbert de Toscane faire donation des mines d'argent de Montieri à l'évêque de Volterra.

porter toujours les minerais à la descente et d'avoir une force motrice gratuite pour le mouvement des soufflets. Quant au bois et au charbon de bois, il est probable qu'on devait l'avoir presque partout sous la main, car ces contrées sont encore aujourd'hui trèsboisées et produisent presque tout le charbon végétal que fournit la Toscane. De nos jours, où la machine à vapeur est au service des industriels et où l'on trouve à peu près partout des routes en bon état, les conditions économiques de l'établissement des usines sont un peu changées en Toscane, et il conviendra toujours mieux aux fondeurs de ce pays, à moins de cas particuliers, d'aller s'établir à proximité des combustibles.

Les Allemands, qui ont joué jusqu'à ces derniers

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Quoi qu'il en soit, et pour couper court à cette digression historique, le passage des mineurs allemands en Toscane a laissé des traces jusque dans cer-

tains ternies qui reviennent souvent dans la loi des mines de Massa, termes dont l'origine teutonique se trahit nettement.

Le treuil pour les mines est appelé, dans le latin

des Allemands temps le rôle des Phéniciens dans 'l'antiquité , celui de

barbare de la loi de Massa, guindo ou anneguindo , de l'allemand winde. (On sait que le w des langues d'ori-

l'"tedteds, ',nain" former les autres peuples de l'Europe aux procédés

gine saxonne se change en gu dans les langues ro-

Les massetans ont appris

métallurgie-

pratiques des mines et de la métallurgie, paraissent avoir été les maîtres des premiers mineurs et fondeurs de Massa. Le fait s'explique très-bien de lui-même, car on sait que l'empereur d'Allemagne a longtemps gardé une grande prépondérance sur l'Italie du nord et du centre. Il n'y aurait rien d'étonnant aussi que

manes.)

Les ouvriers, dans la loi de Massa, sont appelés du nom générique de guerehi. de l'alleMand werk, ouvrage.;

quisat de Toscane dans la deuxième moitié du xi' siècle,

Colt-aras, de Kupfer, remplace souvent le mot rame pour indiquer le cuivre Seittum de Schütt (monceau), indique un tas de minerai; Arialla de Erzhalle est le magasin, le dépôt des mi-

ait appelé des mineurs allemands dans ce pays, car

nerais; c'est le nom qu'on donnait à la fonderie pu-

elle épousa successivement deux princes d'Allemagne. On a dit enfin que la Toscane, occupée après la chute

blique; Arzefa de Erzhefen est la scorie, l'écume impure qui surnage dans la fusion du minerai. Le mot loppa est souvent aussi employé dans ce cas, et il est passé avec la même signification dans l'italien actuel, qui ne connaît guère le mot seoria, tiré cependant du latin. Ce mot oppa a peut-être aussi formé le mot loup des rnétallur-

la grande comtesse Mathilde, qui possédait le mar-

de l'empire romain par les Goths, puis par les Lombards, dut frapper les yeux de ces peuples barbares par les ruines de ses mines anciennement excavées. Les barbares d'ailleurs sortaient presque tous des forêts de la Germanie, où, s'il faut en croire Tacite, les mines

Mots techniques

tirés de l'allemand.