Annales des Mines (1858, série 5, volume 14) [Image 242]

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NOTES. 446 Tarse en cite encore un autre plus ancien et non moins intéressant en ce qu'il est d'un historien né et élevé dans l'Oasis,

c'est un passage d'Olympiodore, vivant au cinquième siècle, qui dit que dans son pays natal on creuse des puits à noo et même 500 coudées de profondeur (99, à 230 mètres), puits de l'orifice

desquels s'échappe un courant dont les habitants se servent pour l'irrigation de leurs champs ; il ajoute que ces torrents souterrains charient quelquefois à la surface des poissons et des débris de poissons. Niebuhr, qui raconte le même fait, prétend qu'Olympiodore florissait à Alexandrie vers le milieu du sixième siècle. Il y au-

rait là une erreur d'un siècle environ. Quoi qu'il en soit, on est certain de l'existence d'un grand nombre de puits ;dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, puisque déjà à cette époque, les oasis de l'Égypte jouissaient d'une grande réputation de fertilité. Maintenant voici un témoignage récent, tiré d'une lettre de M. Ayme , chimiste manufacturier français, devenu gouverneur des deux grandes oasis de Thèbes et de Carbe , et où il a

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» de les faire entrer et les retirer au besoin de l'algue » fontaine. L'algue, ainsi appelée par les Arabes, est le trou pra-

tiqué dans le rocher calcaire, qui, suivant la quantité d'eau » que l'on veut rendre ascendante a de It, 5 et jusqu'à 8 pouces » de diamètre. Mes recherches et l'expérience m'ont fait con» naître que les anciens opéraient ainsi : ils commençaient par

» établir un puits quarré jusqu'à ce qu'ils eussent trouvé la » roche calcaire, sous laquelle se trouve cette immense quan-

» tité d'eau; une fois la roche reconnue, ils garnissaient les » quatre façades de planches à triple doublage pour éviter les » éboulements des terres. Ce travail, qui se faisait à sec, ter» miné, ils perçaient la roche, soit avec des tiges de fer, soit » avec un fer très-lourd attaché à une poulie. Tous les trous » qui sont dans la roche calcaire ont de 5oo à /po pieds pour » arriver au cours d'eau souterrain. Au fond, l'on trouve du » sable comme celui du Nil. Le fait matériel qui me con» firme le plus dans mon opinion sur le cours d'eau souter» rai, c'est que j'ai nettoyé une fontaine à la profondeur de

établi de grandes fabriques d'alun et de salpêtre pour le compte

» 325 pieds, qui me donne du poisson pour ma table. Tous les » bois des anciennes fontaines sont pourris. » (Lettre écrite

de Mehemed-Aly.

vers 1849.)

La première de ces oasis a 25 lieues de long sur 2, 5 et 4 de large. La seconde a environ co lieues de long; sa configuration est en ovoïde.

Ces deux oasis contiennent à peu près vingt-cinq mille arpents de terre de très-bonne qualité, propre à la culture du sucre, de l'indigo et du coton, d'après les expériences de

Ce qui précède confirme, comme on le voit, les anciens récits. On prétend que quelques-uns de ces puits sont maçonnés

en briques. Ayme-Bey n'en parle pas et je ne puis me rappeler à quelle source est puisé le souvenir qui me reste de ce fait Pour la construction de ces puits, le terrain était déblayé en gradins sur une assez vaste échelle, jusqu'à ce que l'on eut rencontre le fameux schiste qui recouvre presque toujours ces nappes d'eaux souterraines d'après la plupart des récits. Arrivé

M. Ayme. Voici comment elles sont irriguées :

là, on construisait sur cette pierre une colonne à peu près

« Les deux oasis, dit-il , sont, on peut s'exprimer ainsi, cri» bées de puits artésiens. J'en ai nettoyé plusieurs : j'ai bien » réussi : mais les dépenses sont grandes, par suite des quantités de bois dont il faut garnir les ouvertures quarrées d'en » haut qui ont de 6 à )o pieds de côté, pour éviter les éboule» ments. Les ouvertures ont de 6o à 75 pieds de profondeur. A » cette profondeur, on l'encontre une roche calcaire sous la» quelle se trouve une masse d'eau ou courant qui serait ca» pable d'inonder les oasis, si les anciens Égyptiens n'avaient

semblable aux cheminées de nos manufactures en remblayant au fur et à mesure de l'avancement de la construction. Le sol étant remis à niveau, au moyen d'une masse de fer attachée à une corde, on perçait la voûte de la nappe d'eau, celle-ci alors prenait son mouvement ascensionnel dans le conduit préparé et s'écoulait au sol. Cette opération se faisait probablement sur des points où nulle infiltration d'eaux parasites ne pouvait en-

» établi des soupapes de sûreté en pierre dure, de la forme » d'une poire, armée d'un anneau de fer, pour avoir la facilité

traver le travail et où le terrain présentait assez de solidité pour que la nécessité de boiser les gradins fût presque inconnue. Lorsqu'il y a ensablement de ces puits, qu'ils soient en briques ou en bois comme ceux du Sah'ara, avec lesquels ils