Annales des Mines (1854, série 5, volume 5) [Image 287]

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TERRAIN ANTHRAXIFÈRE DES ALPES.

quées et sont en général dirigées vers le N.-N.-E. avec une inclinaison variable vers l'E.-S.-E. Elles renferment un grand nombre de gîtes de combustible. On en cite à Aime, quartier des Betasses ; à Macot ; à Longefoy,, dans le ravin du Gerel ; au Mont-Valésan sur Bélentre ; à Planafran , commune de la Chapelle ; à Landry et dans d'autres lieux. Si de Landry on tourne vers le sud-est pour monter directement à Pesey, , on coupe à peu près perpendiculairement à leur direction une nouvelle série.de couches évidemment supérieures à celles dont on vient de par-

ler. Elles sont d'abord à peu près de même nature et composées en grande partie de schiste argileux tendre et de psammite à grains plus ou moins fins. Quand on approche de Pesey, , le terrain devient plus solide et plus cristallin. Il renferme des bancs de quartz micacé, des talcschistes , des poudingues quartzeux à base de schiste micacé. On y trouve aussi des mines d'anthracite dont quelques-unes sont exploitées. Du village principal de Pesey, , on voit très-bien que la série des cou-

ches sur lesquelles on a marché depuis Landry est couronnée par une puissante assise calcaire, qui forme au sud et au sud-est des escarpements de couleur jau-

nâtre, interrompus par le vallon à l'endroit même où est situé la mine de plomb. En remontant jusque-là, on observe sur la droite du torrent une masse assez considérable d'une roche feldspathique verdâtre passant au gneiss. Quoique les bancs de cette roche soient disloqués et contournés de diverses manières, on peut s'assurer qu'ils sont à peu près dirigés de l'est à l'ouest, et qu'ils plongent vers le sud comme les grès situés au- dessous. En se prolongeant de l'autre côté du torrent, ils chan-

gent de caractère et passent à un schiste vert stéatiteux , très-onctueux , dans lequel se trouve disséminé le

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plomb sulfuré, objet de l'exploitation. Ce minerai mêlé

intimement de chaux carbonatée manganésifère, de quartz et de stéatite, constitue une espèce d'amas aplati très-allongé, qui paraît subordonné aux couches schisteuses encaissantes. L'assise calcaire recouvre immédiatement les bancs de gneiss et de schiste stéatiteux avec galène dont nous venons de parler. Elle paraît profondément altérée. Du côté de la mine de plomb, elle est jaunâtre, en partie changée en tuf et en gypse avec soufre natif. De l'autre côté du torrent, elle forme au-dessus du gneiss une masse compacte de couleur blanche ou blonde, sans stratification distincte. Un peu plus loin, près des chalets de Beaupra , elle devient tufacée , en

partie gypseuse, et recouvre des schistes stéatiteux dans lesquels on remarque des indices de plomb sulfuré comme sur la rive gauche du torrent. Cette assise calcaire ne peut pas se suivre bien loin vers le sud, continuant à remonter le vallon au-dessus de Pesey ;

elle disparaît bientôt sous une grande épaisseur de quartz, de schistes talqueux et micacés et même de roches gneissiques qui doivent être rapportées àu troisième étage. On voit par ces détails qu'à Pesey comme à Villard-Goitreux, dans la vallée de Bozel , le calcaire qui termine le deuxième étage est intercalé dans le sein de roches cristallines, d'apparence primitive.

Les gîtes de combustible que nous avons dit être abondants dans la puissante formation anthraxifère de la vallée de l'Isère, sont souvent accompagnés d'empreintes végétales dont plusieurs ont été déterminées spécifiquement. M. Adolphe Brongniart a cité les espèces suivantes comme venant de Macot : Neuropteris flexuosa, Neuropteris Soretii, Neuropteris rotondifolia. Il est très - probable que le Pecopteris polymorpha et l'Asterophyllites equisetiformis que M. Brongniart cite

Empreintes végétales.