Annales des Mines (1852, série 5, volume 1) [Image 86]

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PARACHUTE

hommes jeunes et vigoureux auxquels, pour les profondeurs de 400 mètres et au delà, une prime de o, 5 par jour était accordée en dehors du salaire habituel, et à titre d'indemnité pour la perte de temps et la fatigue occasionnées par les échelles. Quelques-unes des fosses dont il s'agit sont destinées à être encore creusées au-dessous du niveau actuel de leur fond. La compagnie d'Anzin s'est donc trouvée conduite par la ques-

tion d'humanité d'abord, et aussi par son intérêt bien entendu, à chercher les moyens de descendre et de remonter mécaniquement les mineurs dans les puits. Il était impossible d'utiliser dans ce but les tonneaux servant habituellement à l'extraction. Ces tonneaux ne présentant qu'une petite capacité ( 7 hectolitres 1 /2 ), et n'étant en outre susceptibles d'être mis en mouvement qu'avec une vitesse limitée, leur emploi eût exigé pour

le transport de tous les ouvriers d'une fosse un temps considérable. Cet emploi était d'ailleurs trop dangereux; il n'était permis de le tenter qu'à la condition d'établir préalablement des guides destinés à conduire les appareils d'extraction. Avec ces guides, la vitesse des machines pouvait effectivement être augmentée dans'

un assez grand rapport; on rendait impossible la rencontre des bennes qui se meuvent en sens contraire ; on évitait les chocs contre les parois des puits; on faisait disparaître, en un mot, les causes principales d'usure et de détérioration des câbles ou de l'attirail que chacun d'eux supporte : on pouvait donc se servir de ces engins avec beaucoup plus de sécurité.

C'est, par suite, vers l'installation de guides dans ses fosses profondes que la compagnie d'Anzin a dirigé ses efforts, et déjà elle a tenté à ce sujet plusieurs expériences. La première été faite en 1843 à la fosse Saint-Louis

DE M. FONTAINE.

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(cotwession de Raismes). On a tendu dans cette fosse, sur toute sa hauteur, des câbles ronds en fil de fer qui servent à conduire les berlines en tôle dans lesquelles on remonte soit les hommes, soit le charbon.

A la fosse du Chaufour, également située dans la concession de Raismes, on emploie depuis 1849 des cages d'extraction dans lesquelles sont placés les wagons qui contiennent la houille. Ces cages sont guidées par un chemin de fer vertical : elles servent à descendre et à remonter les mineurs. Enfin on vient d'établir dans le puits Tinchon (concession d'Anzin ) des guides en bois sur lesquels se meuvent également des cages utilisées pour l'entrée et la sortie des ouvriers. Il est incontestable que l'établissement des guides a été une très-grande amélioration. Toutefois, avec ces guides, les hommes sont encore exposés aux chances de rupture des cordes ; on doit donc exercer sur ces cordes une surveillance minutieuse, et les changer longtemps avant qu'elles ne soient réellement hors d'usage. C'est ainsi qu'au Chaufour, fosse dans laquelle existe à la vé,

rité un foyer d'airage , et par conséquent une cause particulière de destruction, les câbles n'ont fait quelquefois qu'un service de quatre mois, et ont dû être placés ensuite sur un autre puits pour extraire uniquement du charbon. M. Fontaine, chef de l'atelier des bois au chantier de construction de la compagnie d'Anzin , s'est proposé de prolonger la durée des câbles d'extraction et de préve-

nir les terribles accidents dont les mineurs sont victimes quand ces câbles viennent à casser. Il a utilisé dans cette vue les guides en bois récemment montés dans la fosse Tinchon , et imaginé un parachute destiné à retenir sur ces guides, en cas de rupture de la corde,