Annales des Mines (1848, série 4, volume 14) [Image 102]

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GÉOLOGIE DU CHILI.

VOLCAN D'ANTUCC1.

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s 8. Excursion au volcan d' Antuco , le 26

le 'tissage de quelques étoffes grossières de laine.

Bien que ce pays soit actuellement moins difficile à parcourir, qu'a l'époque où il fut visité par M. Pceppig, on a cependant de la peine à trouver les guides et les ressources nécessaires pour entrePrendre une excursion dans les parties des Andes qui se trouvent à de grandes distances des centres de population et loin des voies de transit. Le seul chemin passant près du volcan d'Antuco, est celui qui conduit aux salines qui se trouvent à 8o ou ioo kilomètres de l'autre côté de la chaine des Andes, dans le pays de Pehuenches, en traversant un grand désert habité par des tribus indiennes, nomades et indépendantes. Ce fut vers la fin de février i845 que, revenant d'un voyage dans l'ancienne Araucanie, je résolus de visiter le volcan d'Antuco, décrit par M. Poeppig, dans son voyage au Chili, au Pérou, et le lorig de la rivière des Amazones, en 1827 , 1832 ( Reise in Chile , Peru und au f dem Amazonenstrome xviihrend der Jahre 1827-1832). J'eus le bonheur de -trouver un bon guide, des mules et des chevaux grâce à l'obligeante hospitalité de M. Tagle, qui administrait à cette époque le bien de Las Ganteras, appartenant à M. le général Bulnes, président actuel de la République. Nous partîmes, le 26 février, vers midi, deLas Ganteras, et le même jour nous arrivâmes avant le coucher du soleil au village d'Antuco. Ce village est le dernier point habité dans les Andes; il s'y trouve une cinquantaine de familles chrétiennes vivant de la culture des champs et du peu cle ressources que leur procurent le commerce du sel et

Un ordre de M. l'intendant de Concepcion adressé au commandant d'Antuco me procura pour guide ce même Besera qui accompagna

février 1845.

On y trouve aussi quelques huttes d'indiens récemment soumis et encore à moitié sauvages.

M. Pppig dans ses excursions. Besera n'était plus l'homme pauvre et obscur dont parle ce voyageur.

Les services qu'il avait rendus dans les guerres contre les Indiens, les relations qu'il entretenait avec eux depuis son enfance, etc., lui avaient valu

le titre et les attributions de capitan de amios, avec une petite solde, et il exerçait, en consé-

quence, une sorte d'autorité parmi les Indiens qui voyageaient ou dressaient leurs tentes sur le territoire de la République. Du reste, homme fort et vigoureux, quoique octogénaire, il conservait toujours le même courage vis-à-vis des hommes et la

même peur à l'égard du volcan, dont il donna des preuves à M. Pppig. Accompagné de Besera et d'un autre guide pris à Las Ganteras, je partis du village d'Arnuco avec mon élève et compagnon de voyage, don Miguel 11Linizaga

,

le 27 février de bon matin, et nous

montâmes par la vallée de la Laja, en étudiant les coupes de porphyres bigarrés et zéolitiques qu'on y voit ombragées par des arbres de haute futaie. A 12 kilomètres d'Antuco, nous nous arrêtâmes

au fort de Ballenares pour examiner le granite qui perce en cet endroit les porphyres secondaires,

et nous y trouvâmes les mêmes cyprès (Thuia Andina,PppiA qui croissent ordinairementprès de la limite de la végétation dans les Cordillères de Rancagua et de Santiago. A l'ombre de ces h. 30', le baromètre marquait Cyprès et à Tome XIV, 1848.

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