Annales des Mines (1846, série 4, volume 9) [Image 203]

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RECHERCHES SUR LA CONSTITUTION

GÉOLOGIQUE DU CHILI.

rection N.N.O., et comme en général les couches du terrain soulevé et les masses soulevantes s'allongent parallèlement à la crête de la chaîne la plus élevée des Andes, il en résulte qu'en descendant dans cette direction , on suit ces couches de porphyres et brèches porphyriques rouges dans leur longueur. Ces couches contrastent singulièrement avec la partie accidentée du terrain situé à l'est; on les voit bien régulières, développées sur un grand espace, s'inclinant d'abord un peu à l'est, puis, presque horizontales, formant une espèce de bassin au milieu des montagnes environnantes. Ces roches même ont quelque chose de particulier dans leur aspect : la couleur rouge prédomine, et on voit dans la fracture des porphyres et brèches porphyriques des petits grains de quartz vitreux, qu'en général on ne rencontre

que j'a. souvent vues dans les montagnes situées

que dans les porphyres bigarrés stratifiés. Les brèches sont pour la plupart à petits fragments anguleux de phorphyre rouge, ou de roches compactes rouges et brun foncé (argilolites), et deviennent parfois tellement molles et à fragments tellement menus , que la roche passe aux tufs porphyriques et arénacés, et même aux grès qui , par leur couleur et leur grain semi-cristanin , ressemblent au nouveau grès rouge et au grès des Vosges. 11 peut se faire que ce groupe de porphyres et conglomérats rouges forme un étage

à part au milieu de pop/Ar-tes bigarrés. A quatre lieues de el Pan (en cheminant toujours au N.N.0.) , on voit tout d'un coup ces coudu grandeduCa- ches de porphyres et conglomérats rouges interciao et de las Masses soutevantesauicorrespondent à celles. Bagas.

rompues et coupées par une roche d'un gris cendré, compacte, feldspathique, contenant de l'amphibole, et semblable aux roches d'injection

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au sud-est de Santiago. Cette masse s'élève presque verticalement de dessous les porphyres rouges, et à peu de distance de là, elle fait place aux roches

granitiques qui se montrent des deux côtés de la vallée , ne laissant voir que quelques restes du terrain porphyrique qui se montre par intervalles', disloqué et accidenté, près du sommet des mon-

tagnes, sur la rive droite de la rivière. La vallée prend en même temps beaucoup de

largeur. Elle reçoit le ruisseau de la Quebrada del Cachito, que nous avons signalé dans notre as-

cension par le Rio Pulido, et depuis cet endroit, elle prend même le nom du Rio del Cachito. Aussi les granites qu'on y trouve présentent le même aspect et la couleur que ceux qu'on voit en face de ladite Quebrada, dans le Rio Pulido :c'est la même

masse granitique allongée parallèlement aux

Amies. Dans cette vallée del Cachito, ayant une forme ovale et environ trois lieues de longueur, élevée à

plus de 3.3oo mètres au-dessus du niveau de la mer, on trouve les ruines d'un ancien village indien, composé d'une trentaine de huttes rondes de 2 à 3 mètres de diamètre, situées en ligne droite sur la rive gauche du ruisseau. Il ne reste de ces habitations que les murailles d'environ 2 pieds de hauteur, formées de pierres posées les unes sur les autres sans aucun ciment. A l'extrémité sud , on voit les hautes murailles d'une grande maison, composée de diverses pièces, qui probablement était la demeure du chef de la tribu. La vallée ne produit pas d'arbres, pas même d'arbustes :on n' 3?., voit qu'une plaine marécageuse Tome IX, 1846. 27