Annales des Mines (1846, série 4, volume 9) [Image 16]

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DE LA GÉOLOGIE DU CHILI.

RECHERCHES SUR QUELQUES POINTS

celles-ci apparaissent avec les filons qui leur correspondent et non pas avec ceux du terrain secondaire. C'est ainsi qu'on exploite quelques mines d'or et de cuivre, semblables à celles de la côte,

derrière les mines d'argent, et qu'on rencontre quelques filons argentifères au milieu de mines d'or et de cuivre. Je vais prendre pour exemple la montagne de

San Francisco del Volcan, située à plus

de

40 lieues de la mer, et dans laquelle on voit reparaître les mines de cuivre semblables à celles de

la côte au second percement du terrain secondaire.

Prenons pour point de départ le port de San Antonio, à l'embouchure du Rio Maypo, et dirigeons-nous, en remontant cette rivière, à l'est. Nous traverserons d'abord le groupe granitique dans toute sa largeur et nous passerons non loin des diverses mines d'or et des mines de cuivre d'Altagua , dont les filons sont de la même nature que ceux de Tamaya, de la Higuera , du Carvisal , etc. Ensuite nous arrivons à la grande vallée

longitudinale de Santiago, et après l'avoir traversée dans la direction nord-est, nous entrons dans la seconde chaîne des Cordillères, celle des Andes proprement dites (fig. 4), près de San J uan, où commence le grand canal qui arrose les plaines des environs de la capitale. Au pied de cette chaîne

on trouve encore la roche granitoïde, dioritique, et des eurites en masses non stratifiées ; niais bientôt, à deux ou trois lieues plus haut, avant qu'on

arrive à l'embouchure du Rio Colorado, on se trouve au milieu du terrain stratifié , redressé et plongeant à l'est. Au confluent de cette rivière avec le Maypo on est en face des montagnes de

San José, qui présentent un système de stratilica-

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tion en couches parfaitement régulières, parallèles , composé de porphyres, brèches et roches compactes schisteuses, secondaires. Toute la vallée

de Maypo , depuis cet endroit jusqu'à Ingenio ( 7 à 8 lieues de longueur), est creusée dans le même terrain, et fait voir que tout le système, malgré les failles et ondulations accidentelles, plonge d'abord légèrement à l'est (fig. 5), et puis

remonte, en plongeant en sens contraire , à l'ouest. Arrivé à Ingenio, on a à sa droite une montagne de plus de 2.000 mètres de hauteur, et au sommet de laquelle près de la région des neiges perpétuelles, se trouvent les mines d'argent de San Pedro Nolasco ; tandis que de l'autre côté de la rivière, au nord, et presqu'a la même hauteur que les mines précédentes, on voit les mines d'argent de San Lorenzo de la même nature minéralogique et dans le même terrain de porphyres stratifiés que les mines de San Pedro Nolasco, En continuant à s'avancer vers les Cordillères,

ou trouve dans la première montagne, que l'on rencontre au confluent du Rio del Volcan avec le Rio Maypo, et qui porte le nom de San Francisco del Volcan, des mines de cuivre, dont les filons ne produisent que des minerais oxydés mélangés

de fer spéculaire, de cuivres pyriteux et pana,

ché, sans contenir de traces d'argent, ni d'arsenic, d'antimoine ou de plomb. Cette anomalie de la présence, au milieu des montagnes secondaires stratifiées, des filons qui ne se montrent ordinairement que dans la première

chaîne, au milieu des masses granitoïdes de la côte, disparaît d'elle-même lorsqu'on examine le terrain que traversent lesdits filons de San Francisco del Volcan. Effectivement on reconnaît que