Annales des Mines (1840, série 3, volume 18) [Image 334]

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USINES A FER DE CARADOGII ,

jamais en fusion complète ; on la retire et on la bat sous de grands marteaux mus par l'eau ; et, après quelques chauffes dans le même fourneau, on la débite en barres. A chaque opération, on charge 3oo quintaux de minerai(152q.m.;241) on

retire 100 quintaux environ de fer (50747), et on n'ajoute ni du calcaire, ni aucun autre fondant.

Farey (On the steam engine , p. 271) met en doute si, par ce procédé, le fer provient réellement du minerai ou bien de la fonte qui forme le foyer. Mais l'existence d'un procédé semblable,

employé actuellement en Perse, et qui l'y est depuis une époque très-reculée, montre la possibilité d'extraire directement le fer des riches minerais d'hématite et de fer oxydé rouge fibreux du Lancashire. Il n'y a aucune donnée historique sur l'époque

à laquelle les mines de fer de Caradogh furent primitivement exploitées ; mais tout porte à croire

qu'elles le furent dès la plus haute antiquité. Le district qui les renferme est très-retiré et a un aspect sauvage et repoussant ; il fit d'abord partie de la Médie, puis de la Perse, et a toujours été exempt des révolutions qui ont si souvent bouleversé l'Asie. Les mines de fer elles-mêmes portent

des marques évidentes de leur ancienneté ; elles forment de larges excavations carrées, entourées d'immenses monticules de sable ferrugineux et de menu. minerai rejeté dans le courant de l'exploitation. D'après une évaluation grossière, basée sur le volume des fouilles, une seule des nombreuses

mines du district a fourni jusqu'ici 4.000.000 de pieds cubes ( 11,1.2721.c2,508 , lui donne-

PRÈS DE TABBEEZ

EN PERSE.

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raient un poids de 5,i1.4.28 tonnes. Actuellement on extrait annuellement 2.000 charges de cheval de minerai ; et, comme chaque cheval porte 2 quintaux , cela fait 200 tonnes par année,

et on peut affirmer que, moyennement, ce rendement n'a jamais été dépassé depuis l'ouverture de ces mines. H- s'ensuit donc qu'il y a au moins 2.857 ans que cette mine est ouverte, et, si l'on a égard aux mines du voisinage, leur ancienneté se trouve encore reculée. Les ouvriers du pays sont dispersés dans de petits chalets situés dans les bois qui couvrent les côtés des ravins qui servent de lit aux torrents de la montagne, qui se jettent dans l'Arras (l'ancien Araxe ). Le fer qu'ils produisent, quoique doux, est très-fort; il est de beaucoup supérieur au fer russe, qui fournit actuellement la plus grande par-

tie de l'Asie, et est surtout employé à fabriquer des fers à cheval et des clous pour les fixer, qui sont très-recherchés à Tabreez et aux environs, et par les tribus nomades (les Koords) qui fréquen-

tent en été les pâturages de la montagne. Les Arméniens et les Mahométans s'en partagent le commerce. L'extraction du minerai, la fabrica-

tion du charbon de bois et le transport de ces objets à la forge occupent une grande partie des indigènes.

Il y a de nombreuses mines à Caradogh , produisant des minerais de fer de très-bonne qualité et de diverses sortes; les plus estimées sont celles de Jewant, de Koordkandy et de Marzooly. La mine de Jewant est dans une veine immense d'oxyde rouge de fer; ce.minerai offre souvent une cassure irisée, comme s'il avait été soumis à une