Annales des Mines (1838, série 3, volume 14) [Image 169]

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EXPÉRIENCES SUR LA FLAMME PERDUE

une voûte en briques ; elle passe ensuite sous la chaudière, dont la moitié est exposée au feu, et puis elle gagne une cheminée en tôle, de 20 pieds de hauteur. Le gueulard du haut-fourneau est couvert d'une cheminée, munie à sa partie supérieure d'un registre

,

qu'on peut ouvrir plus ou moins, pour

régler la quantité de flamme qui doit passer sous la chaudière en activité. Cette flamme y arrive par une ouverture ménagée dans le bas de la cheminée. Une large porte par laquelle on fait les chargements, ferme la cheminée. On a ménagé au bas

de cette porte une ouverture rectangulaire de im,25 sur o11',18 , qui laisse passer l'air nécessaire à la combustion des gaz. On a observé que la cha-

leur diminue quand on réduit cette ouverture.

La vapeur de la chaudière se rend dans le

double cylindre de la machine, placée au bas du

fourneau, par un tuyau en cuivre de o'",i o de diamètre, et de 1511,25 de longueur. Dans son trajet, elle perd environ 1/4 d'atmosphère de tension ; la vapeur dans la chaudière

étant à 2 1/2 atmosphères. La déperdition serait moindre, si on avait pris la précaution d'envelopper le tuyau d'un corps mauvais conducteur mais, comme on a toujours de la vapeur en excès, on n'a pas eu recours à ce moyen. Non loin des cylindres est un tuyau qui communique avec la vapeur ; il sert, en cas de besoin, à laisser échapper la vapeur en excès. Sous chaque

chaudière, il y a une grille de recours pour la chauffer, lorsque la flamme du gueulard en reste éloignée par suite d'un long arrêt du fourneau. La machine est à moyenne pression et à détente d'après le système de Woolf: elle est de la force

33de dix-huit chevaux ; mais on n'en utilise habituellement que la moitié -pour souffler un hautfourneau. Le maximum de tension avec laquelle elle puisse marcher est de 4 atmosphères, mais on n'utilise ordinairement que 2 1y2 atmosphères. Elle a souvent marché avec 15 chevaux de force, DES HAUTS-FOURNEAUX,

quand on l'a employée à souffler des cubilots;

alors la flamme du gueulard était encore plus que suffisante pour la maintenir convenablement en acti;iité.

Les chaudières ont les dimensions de celles d'une machine de 38 chevaux ; elles ont été commandées aussi fortes , afin de présenter plus de surface de chauffe à la flamme du gueulard , dont la. puissance calorifique était encore inconnue à l'époque à laquelle la machine a été construite. Ces chaudières, en raison de leur grande surface, présentent donc, pour faire les essais en question, des circonstances favorables que l'on ne rencontre point ailleurs , autant que nous sachions. Voici la marche qui a été suivie pour faire les expériences La chaudière a été nettoyée intérieurement, et l'on a détaché de la surface extérieure une couche d'environ six millimètres d'épaisseur, formée de poussière du gueulard. On y a laissé arriver l'eau jusqu'à ce que le flotteur ait commencé à jouerlibrement. On a mesuré son niveau depuis le haut de la partie intérieure de la chaudière, et l'on à trouvé o.-,453. Afin de

conserver ce point , on a fait hors de la chaudière un repère sur le fil , après lequel le flotteur est suspendu. On s'est assuré que celui-ci jouait librement ; et afin (l'éviter toute cause d'erreur, on l'a mis légèrement en mouvement à chaque observation , pour voir s'il revenait toujours au même