Annales des Mines (1824, série 1, volume 9) [Image 55]

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Io8 SUR LA THÉORIE hydraulique par les particules quarzeuses, etc., dût être (l'altérer, de dépolir ,de corroder sensiblement la surface du. quarz. D'un autre côté, j'attribue ainsi que M. John, aux mots adhérence, action chimique et combMaiso ri l'acception qu'on leur donne ordinairement; c'est-à-dire que j'appelle adhérence l'union que deux corps contractent par juxta-position et sans que la nature de l'un ni de l'autre soit altérée ; action chimique , l'action qu'un corps exerce sur un autre lorsqu'il le dénature, soit en lui enlevant un ou quelquesuns de ses principes constituans, soit en s'y unissant molécule à molécule pour former un tout homogène ; combinaison, le nouveau corps homogène qui résulte de l'action chimique que deux ou plusieurs corps différens exercent les uns sur les autres. Il semble résulter de ces explications et de l'ensemble des éclaircissemens donnés par M. Vicat que l'adhérence , telle que nous la comprenons M. John et Moi, est la base de toute la théorie des mortiers; cependant quelques pas-, saoes de sa note laissent encore dans le doute sur la question de savoir s'il n'admet pas quelquefois la combinaison : par exemple, il reproche à M. John de n'avoir constaté l'inaction chimique des °chaux grasses ( et il s'agit bien: ici de l'inaclion chimique opposée à l'action chimique qui corrode ) que sur le quarz , et d'avoir étendu ses conclusions aux pouzzolanes par induction, et il oppose de nouveaux faits à cette induction. Sur ce que j'ai dit qu'il n'y a pas combinaison entre la chaux_ et l'argile dans les mortiers, il observe que les combinaisons par la voie humide et par la

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voie sèche ne sont pas produites par les mêmes forces, et il m'oppose un fait dans lequel il y a réellement combinaison par la voie humide; il est à désirer que ce savant ingénieur veuille bien éclaircir tout-à-fait-ce sujet.

Je n'ai jamais nié que les argiles calcinées

eussent de l'analogie avec les pouzzolanes par leur

manière d'agir avec la chaux grasse; mais je ne puis admettre, avec M. Vicat; qu'il y ait identité de composition entre, ces substances. L'argile ne , contient presque que de la silice et de

on n'y a pas encore trouvé la moindre trace (l'alcali, et elle diffère d'ailleurs des roches volcaniques par toutes ses propriétés chimiques. Tout

ce qu'on peut conclure des faits observés, c'est que la Qomposition n'est pas ici la circonstance essentielle : aussi voit-on que, le feldspath, ou

plutôt les sables feldspathiques qui proviennent de la désagrégation des granites, dont la composition est à-peu-près la même que celle des pouzzolanes, ne se comportent cependant pas avec la chaux de la même manière, et jouent à-peu-près le même rôle que du quarz pur. La seule ressem-

blance que j'aperçoive entre les pouzzolanes et les argiles calcinées est la porosité : c'est à cause de cela que j'ai émis l'opinion que la porosité de l'alliage parait jouer un rôle important dans la solidification des mortiers,- mais je n'ai jamais pensé, non plus que M. John, à attribuer l'efficacité des corps poreux à la faculté d'absorber l'eau au moment où on les emploie , et encore moins à expliquer la ténacité des mortiers par l'enchevêtrement des parties, et il me semble que rien de ce que nous avons écrit ne peut le