Annales des Mines (1886, série 8, volume 5, partie administrative) [Image 106]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

210

CIRCULAIRES.

pas de grands vides pour les recevoir, sont aussitôt fortement serrés et areboutent autour d'eux les rochers du toit. En des lieux dépourvus de toute construction à la surface, des méthodes d'abatages suivis d'effondrements systématiques pourraient même être admises, mais à la condition qu'elles procéde■aient des extrêmes limites du champ d'exploitation vers les bouches et les puits d'accès, et que les parties du gîte situées en Jeçà ne seraient découpées que par un petit nombre de galeries, de manière a présenter de très grands excès de résistance et à donner ainsi aux ouvriers des retraites toujours sûres. En définitive, le conseil général des mines a été d'avis, et j'es'.ime avec lui qu'il y a lieu : I > D'appeler l'attention des ingénieurs des mines sur les con. idérations et les principes ci-dessus indiqués; 2° De les inviter à produire, dans un délai de six mois, un tableau, des principales exploitations à piliers abandonnés, qui . xistent dans leur circonscription, tableau sur lequel ils indiqueont le lieu et la nature de chaque gîte, —l'étendue des travaux, — leur profondeur au-dessous du sol, — les dimensions des piliers, celles des galeries, en largeur et hauteur, la résistance à t écrasement par centimètre carré de la roche exploitée, résisince qu'on fera déterminer par expériences, si elle n'est déjà onnue, dans deux cas déterminés, savoir: sur des échantillons tlesséchés à l'air et sur des échantillons imbibés d'eau; — la nature des roches du toit, avec une appréciation de leur pesanteur oécifique moyenne; — la nature de la roche du mur. Ils feront, i .1 outre, connaître s'il existe ou non des plans complets. Celles de ces indications qu'ils ne pourraient fournir avec pression seraient données approximativement. MM. les ingénieurs joindraient à ces tableaux leurs remarques sar la sécurité ou le danger que chaque exploitation leur parait présenter, et leurs propositions quant aux mesures qu'ils jugeraient opportun de prescrire. J'ajouterai que, pour les essais de résistance des roches, dont il a été parlé plus haut, MM. les ingénieurs devront envoyer les chanlillons nécessaires à M. Gros de Perrodil, ingénieuren chef, directeur du service des « recherches statistiques et expériences sur les matériaux de construction », à l'École nationale des ponts et chaussées. M. Gros de Perrodil acquittera les frais de port et répondra directement aux demandes d'essais qui lui seront dressées. Je vous serai obligé de m'accuser réception de la présente

CIRCULAIRES.

circulaire, dont j'adresse ampliation à MM. les ingénieurs des mines, de veiller à l'exécution des instructions qu'elle contient et de m'adresser ensuite, dans le délai fixé, le travail et les propositions de MM. les ingénieurs. Eecevez, etc. Le Ministre des travaux publics, CH. BAÏHAUT.

Une note complémentaire, en date du 23 juin 1886, porte ce qui suit : « Pour éviter toute perte de temps, il conviendra de faire directement les envois au laboratoire expérimenta où les essais seront effectués; MM. les ingénieurs devront donc envoyer leurs échantillons de roches à M. Barré, agent des ponts et chaussées, rue de l'Orne, 28, Paris-Vaugirard. »

CHEMINS DE FER.

M.

— ACCIDENTS. — AVIS ET RAPPORTS.

, inspecteur général du contrôle d chemin de fer d Paris, le 21 juin 1886.

Monsieur l'inspecteur général, contrairement aux instructions de mon département, je ne suis pas toujours informé avec toute la célérité désirable des faits importants qui se produisent sur les voies ferrées et, particulièrement, des accidents. D'un autre côté, j'ai constaté que les enquêtes administratives se faisaient avec une lenteur telle que les rapports détaillés de MM. les ingénieurs ne me parvenaient, en général, que plusieurs mois après l'accident. Les inconvénients d'un semblable état de choses ne vous échapperont certainement pas. Il importe, en effet, que l'administration centrale soit rapidement avisée des accidents, de leurs circonstances et de leurs causes, afin de pouvoir rechercher sans retard les moyens d'en prévenir le retour. Je vous prie, en conséquence, de rappeler aux fonctionnaires placés sous vos ordres que, non seulement tout accident, mais encore tout autre fait d'une certaine gravité doit être immédiatement porté à ma connaissance par la voie télégraphique sans préjudice du rapport sommaire qui doit m'être adressé en cas d'accident de train ayant occasionné mort ou blessures et du rapport détaillé à fournir dès que l'enquête administrative est terminée.