Annales des Mines (1869, série 6, volume 8, partie administrative) [Image 46]

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SUR LES MINES.

LOIS, DÉCRETS ET ARRÊTÉS

nombre des ingénieurs et surtout des ingénieurs de la voie a été augmenté; la direction du contrôle, confiée jusqu'alors à un ingénieur en chef, a été dévolue à un inspecteur général des ponts

a

chaussées ou des mines. L'administration a cru répondre au sentiment public en élevant la situation des fonctionnaires chargés de la représenter auprès des compagnies des chemins de fer et en leur donnant ainsi l'autorité hiérarchique qu'exige l'importance de leurs attributions. Quant à l'augmentation du personnel, elle était impérieusement réclamée par la nécessité, depuis longtemps reconnue, de placer les ingénieurs du contrôle à la portée des faits qui se produisent Chacun d'eux peut aujourd'hui se tenir constamment au courant de Tétat des chemins soumis à son inspection, et il lui est facile, en cas d'accident, de se transporter en peu de temps sur le lieu du sinistre. Cette nouvelle organisation a été inaugurée dans des circonstances relativement heureuses : l'année i868n'a pas été témoin de

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I du nombre de voyageurs tués ou blessés par accidents de trains, on I trouve un voyageur tué sur près de 2Z1 millions, et un voyageur I blessé ou contusionné sur près de 900.000. I Dans l'ordre des faits qui se rattachent à l'exploitation commerI ciale, la dernière campagne a été signalée par l'utile concours que I les compagnies des chemins de fer ont prêté au Gouvernement I pour conjurer la crise alimentaire qui menaçait de sévir par suite I de l'insuffisance de la précédente récolte. Sur l'invitation de l'admiI nistration, les compagnies, dès le commencement de l'année, I envoyaient en Allemagne tout le matériel dont elles pouvaient disI poser, pour amener en France les blés de Hongrie. En même temps, I et comme corollaire de cette mesure, elles établissaient un tarif I réduit pour faciliter la répartition, sur tout le territoire, des cé1 réaies importées par nos frontières de terre et par nos ports de 1 mer. Ce tarif, appliqué du i5 mars au i5 octobre 1868, a cessé I d'exister avec les circonstances qui l'avaient fait naître ; mais, dans I cette durée de sept mois, il a produit tous les effets que l'on était I en droit d'espérer. Les résultats généraux du trafic ne sont pas encore relevés pour

ces catastrophes qui avaient si douloureusement ému l'opinion [

1868; nous devons donc nous borner à faire connaître ceux de 1867.

qui aient eu des suites funestes sont un déraillement sur la ligm

I

II est toutefois possible de constater, dès à présent, par la compa-

de l'Est, dans la tranchée de Chelles, et une collision dans la gars

I

raison des deux exercices, un fait auquel on devait s'attendre. La

publique dans les années précédentes. Les seuls accidents de train;

de Bordeaux, sur le chemin de fer du Midi. Le premier a eu pont

fermeture de l'exposition universelle s'est traduite, pendant le

cause la présence, sur la voie, d'une pierre de taille tombée d'un

troisième trimestre de 1868, c'est-à-dire dans la période où le

wagon de marchandises; le second est dû à l'inobservation des

mouvement des voyageurs arrivés à Paris, l'année précédente,

prescriptions réglementaires. Trois voyageurs et un agent ont

avait été le plus considérable, par une diminution de

péri dans l'accident de Chelles; un voyageur a succombé aux bles-

sur les recettes de la période correspondante de 1867. Cette dimi-

sures qu'il avait reçues dans l'accident de Bordeaux.

nution est exclusivement afférente aux lignes de" l'ancien réseau.

Ces deux accidents et quelques autres d'une gravité moindre

h-700.000

fr.

Quant au nouveau réseau, 11 n'a été qu'insensiblemeut affecté, et,

voyageurs et 2 agents

dans tous les cas, le déficit qu'il a pu subir par suite de la ferme-

des compagnies tués; 99 voyageurs et 57 agents blessés ou contusionnés.

ture de l'exposition, disparaît dans l'augmentation qu'est venu lui

Il est bien entendu que, dans les chiffres ci-dessus, ne sont pas

rant de 1868. Voici maintenant les résultats de l'exploitation commerciale

ont eu ensemble les résultats suivants :

k

compris les voyageurs et les agents qui ont été victimes d'acci-

apporter le contingent des sections nouvelles ouvertes dans le cou-

dents individuels dus à leur imprudence ou a la violation des

pendant l'année 1867, la seule pour laquelle il a été possible de

règlements : on ne saurait équùablement imputer des faits semblables à l'exploitation des chemins de fer.

recueillir jusqu'à ce jour, ainsi qu'il a été dit plus haut, des élé-

Cette statistique doit paraître rassurante, si l'on tient compte du

ments complets. La longueur moyenne des chemins de fer exploités a été de

rées. Entre Ja date où elle commence fi" janvier 1868) et celle où

i5.oÛ2 kilomètres. Le nombre total des voyageurs s'est élevé à 105.859.n2; leur

elle s'arrête

décembre 18G8), g5 millions de voyageurs environ

parcours moyen à Ui kilomètres; ce qui équivaut à U milliards

avaient circulé sur les chemins de fer; en rapprochant ce chiffre

3oo millions de voyageurs ramenés au parcours de i kilomètre.

nombre considérable de personnes transportées par les voies fer-