Annales des Mines (1866, série 6, volume 5, partie administrative) [Image 16]

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LOIS. DÉCRETS ET A1ÏRÊTÉS

SUH LES MINES.

personnes, notamment des délégués des Chambres de commerce et des étrangers; mais on constate déjà, dans les dépositions faites, un ensemble de renseignements puisés aux meilleures sources d'information. Enfin la récente invasion du choléra en Égypte, d'où cette maladie s'est répandue dans plusieurs autres parties de l'Orient, ainsi que dans diverses contrées de l'Europe, a éveillé la sollicitude du Gouvernement sur le danger que présente, pour la santé publique, l'insuffisance des barrières que l'on peut actuellement opposer au développement du fléau, qui a été certainement importé en Égypte par des pèlerins revenant de la Mecque, où l'épidémie avait été apportée par ceux qui venaient de l'Inde. A la suite d'un rapport présenté à l'Empereur par les Ministres des affaires étrangères, et de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, et approuvé parSa Majesté, il a été décidé qu'une conférence diplomatique serait ouverte à Constantinople à l'effet de rechercher les moyens pratiques de s'opposer à de nouvelles invasions du choléra par cette voie. Accueilli par les puissances avec un empressement unanime, ce projet a été poursuivi avec toute l'activité que comporte un sujet aussi sérieux. Les représentants de la France sont, à Constantinople, munis d'instructions préparées avec le plus grand soin et avec le concours du Comité consultatif d'hygiène publique. Au moment où cet exposé sera publié, les travaux de la conférence auront sans doute commencé. Il est permis d'en espérer les meilleurs résultats. La France y est d'autant plus intéressée que, par le nombre et l'importance de ses relations avec l'Egypte et l'Orient eu général, notre premier port méditerranéen est naturellement exposé à l'importation de la maladie. Il a été même malheureusement atteint en i865, ainsi que plusieurs autres localités françaises et la capitale elle-même. L'épidémie a, Dieu merci, cessé de sévir. Elle a été combattue par des mesures conformes aux données de l'expérience en même temps qu'aux règlements en vigueur, et elle n'a eu, en général, ni l'étendue ni la gravité des épidémies précédentes. Pour prétendre, comme on l'a fait, que le système suranné des longues quarantaines, système d'ailleurs impraticable dans un port comme Marseille, aurait préservé cette ville mieux que le système rationnel et pratique d'observations, d'examen et de purifications appliqué avec discernement et suivant le besoin aux navires, aux hommes et à la cargaison, il faut oublier les invasions si douloureuses constatées, sous le régime que l'on préconise, dans les localités qui, comme Aucône, Malte, Naples, l'Espagne, etc., y ont eu

recours et ont été frappées plus gravement que nous; il faut ne Das remarquer que, si certains ports ont attribué leur préservation à des moyens que la civilisation réprouve, la Corse et la plus grande partie du littoral français et bien d'autres pays ont été également préservés sans l'emploi de pareils moyens; il faut enfin écouter la peur ou d'autres passions, au lieu d'examiner les choses avec le calme et l'impartialité que commande un sujet aussi grave. Dès que l'on fut informé du développement de l'épidémie en Égypte, l'administration s'empressa d'y envoyer des médecins et un pharmacien, dans l'intérêt de nos nationaux et des populations que l'on savait manquer de secours médicaux. Cette mesure a ajouté encore à l'a reconnaissance excitée par le courage et le dévoue*ment des représentants de la France, qui, dans cette circonstance encore, ont été admirables. L'Administration acontinué d'apporter le plus grand soin à tout ce qui touche à la santé publique. Les résultats d'une première enquête sur le goitre et le crétinisme ont été relevés et transmis à la Commission chargée d'étudier cette question, qui intéresse des populations malheureuses. Les rapports de l'Académie impériale de médecinesur la vaccine, les épidémies et les eaux thermales ont été publiés, et des récompenses ont été distribuées, sur la proposition de ce corps savant, aux médecins et aux autres personnes qui les ont méritées par leurs travaux ou leur dévouement. Il a été également décerné, sur la proposition du Comité consultatif d'hygiène publique, des récompenses aux membres les plus méritants des conseils d'hygiène publique et de salubrité des départements. L'Administration s'est également efforcée de pourvoir dans les autres parties du service, et, pour ce qui la concerne, à la bonne et rapide exécution des lois et règlements. Malgré des faits regrettables, mais heureusement peu nombreux, l'expérience continue à être favorable à la loi du 25 mai 186A, qui a supprimé le délit de coalition. L'Administration supérieure se fait rendre exactement compte des faits qui se produisent en cette matière; et, toutes les fois qu'il s'est élevé entre des patrons et des ouvriers des contestations dignes d'attention, elle a donné aux autorités locales des instructions coniormes à l'esprit de la loi précitée. Il a été spécialement recommandé de laisser aux ouvriers comme aux patrons, une entière liberté pour discuter pacifiquement les conditions du travail, et de n'intervenir en quoi que ce soit dans le débat, si ce n'est pour assurer le maintien de l'ordre et la répression de tout acte pouvant porter atteinte à cette liberté.

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