Annales des Mines (1863, série 6, volume 2, partie administrative) [Image 8]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

LOIS, DÉCRETS ET ARRÊTÉS

1 0

SUR LES MINES.

Quant à nos relations commerciales avec la Belgique, elles offrent, depuis la conclusion du traité du 1" mai 1861, une activité qui prouve que l'abaissement réciproque des tarifs a été un bienfait pour les deux pays. % Voici, pour les principales marchandises qui s'échangent entre les deux peuples, le chiffre des importations pendant les onze premiers mois de cette année : i° Importation (commorce spécial) Exportation (commerce spécial)

Excédant en faveur des exportations

135.937.000 I53.5OI.OOO

17.564.000

Législation douanière. — La nouvelle législation inaugurée par les lois des 7 et 25 mai 1860, avait surtout pour but de faire de la France un vaste centre commercial et d'appeler notre commerce à participer au mouvement des affaires sur les principales places de l'Europe, mouvement auquel il avait été tenu trop longtemps étranger par un système douanier très-restrictif. On peut dire qu'à cet égard les prévisions du législateur se sont réalisées, et que, grâce à une meilleure combinaison de nos tarifs, le commerce français ne borne plus ses opérations à la France seule. Ainsi, pour les cafés, les ports français sont devenus un vaste réservoir où presque tous les marchés européens viennent puiser pour les besoins de leur propre consommation. Voici quelques données numériques qui permettent d'apprécier les résultats de la loi du 20 mai 1860, qui a complètement modifié le tarif des cafés. En 1860, il a été importé au commerce général, 61.670.000 kilogrammes de café, sur lesquels nous avons pris pour notre propre consommation 54.557.000 kilogrammes. Pendant la même année nous en avons exporté 21.559.000 kilogrammes à destination des principaux pays d'Europe: en Suisse, dans les Pays-Bas, en Italie, en Turquie, en Angleterre, etc. Les mêmes faits se sont produits en 1862; sur une importation totale de 61.019.000 kilogrammes, la consommation du pays a absorbé 07.580.000 kilogrammes et la réexportation 27.645.000 kilogrammes. Pendant les onze premiers mois de 1861, les cafés importés ont atteint le chiffre de 5g.5g5.ooo kilogrammes. La consommation a été alimentée par 55.323.000 kilogrammes. Quant aux réexportations, les états officiels de la douane n'en font pas mention ; mais si l'on en juge par les quantités importées, et par celles mises en

consommation, on est conduit à penser qu'elles ont dû être au moins aussi considérables que dans les années précédentes. On doit d'autant plus se féliciter de ce mouvement commercial qui a continué en 1862, que presque tous les cafés qui viennent en France arrivent directement des lieux de production et sous pavillon français. En effet, pour 1861, la part des entrepôts ne dépasse guère 10 p. 100 du chiffre total des importations, et celle de notre pavillon dans le transport de cette denrée va au delà de 84 p. 100. Les importations de sucre ont été également considérables. Voici, pour les sucres étrangers, quelle a été, pendant les onze premiers mois des années 1860, 1861 et 1862, la part du pavillon français et du pavillon étranger :

ONZE PREM ERS MOIS.

Commerce général.

1860

Sucre étranger importé par navires: Français

Total.

1861

1862

Commerce spécial.

1860

1861

1862

kilogr.

kilogr.

kilogr.

kilogr.

kilogr.

kilogr.

57.457.000

82.558-000

64.898.000

43.201.000

71.134.000

55.744.000

6.578.000

63.000.000

158.000

7.072.000

45.864.000

89.130.000

127.898.000

43.359.000

78.206.000

101.608.000

60.034.000

De ces chiffres, il résulte que la part absolue du pavillon français s'est augmentée relativement à 1860 : i° dans le commerce général, de 44 p. 100 en 1861 et de i5 p. 100 en 1862 ; 20 dans le commerce spécial, de 65 p. 100 à la première époque, et de 2g p. 100 à la seconde. Si, par les facilités qu'il a trouvées dans le décret du 24 juin 1861, le pavillon étranger a participé au transport des sucres, notre marine n'en a ressenti aucun dommage, puisque sa part absolue est plus forte après qu'avant l'acte dont il s'agit. Quoi qu'il en soit, il y a dans le commerce des sucres un malaise incontestable. Ainsi, d'une part, des achats considérables de sucres ont été faits à l'étranger en vue de bénéficier, par des acquittements prématurés, de la surtaxe temporaire dont les nécessités financières exigeaient l'établissement; d'autre part, la sucrerie indigène, dont la production est sujette à des oscillations qu'il est