Annales des Mines (1852, série 5, volume 1, partie administrative) [Image 106]

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SUR LOIS ,

DÉCRETS

ET

ARRÊTÉS

qu'elles entretiennent dans le canton, sont en mesure de se procurer avec facilité et de recueillir avec discernement les documents qui leur seront demandés, les commissions cantonales me paraissent appelées à rendre des services signalés à l'administration. Leurs avantages de toute nature peuvent se résumer ainsi qu'il suit : En favorisant l'esprit de recherche et d'observation, elles exerceront sur les esprits une influence dont profiteront les études sérieuses. Ainsi associées à l'action administrative, elles s'intéresseront indirectement au maintien, à la stabilité du gouvernement, dont elles auront, en quelque sorte, partagé les travaux. En se substituant à ses agents dans l'enquête si délicate qu'exige la recherche des faits industriels et agricoles, elles feront cesser, par degrés, les défiances injustes, les préventions fâcheuses qui ont suscité jusqu'à présent de si sérieux obstacles à ses investigations. Elles exonéreront les maires de la plus grande partie de la tache et de la responsabilité que leur impose aujourd'hui la réunion des éléments de la statistique officielle. Elles pourront les aider à recueillir ceux de ces éléments que fournissent les registres de l'état civil, recueils précieux, livres sibyllins dont on a dit avec raison qu'ils contiennent les lois mystérieuses de la vie et de la mort. Elles seront encore, pour eux, d'utiles auxiliaires dans ces opérations vastes et compliquées que l'on nomme dénombrements et qui, tous les cinq ans, viennent mettre leur zèle à une si sévère épreuve. Par le grand nombre de renseignements qu'elles pourront réunir sur un sujet donné, elles devront arriver à des évaluations aussi rapprochées que possible de la vérité, surtout si l'on songe que les faits seront recueillis sans bruit, sans éclat, sans la solennité au moins inutile qui s'attache à une enquête officielle, et le plus souvent au moment même de leur accomplissement. Les facilités d'informations particulières que leur donnera leur caractère officieux permettront au gouvernement de demander un grand nombre de documents qu'il n'a pu.songer à recueillir jusqu'à ce jour. Les mêmes facilités l'autoriseront à demander ces documents à l'instant même où les besoins se manifesteront, sans aucun inconvénient pour l'exactitude des

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résultats et avec iâ certitude dè leS o'b'të'n'ir dan'à ifél déliis rapprochés. Enfin, les .^ommissions étant permanentes, leurs travaux auront cet avantage signalé de tenir à jour la statistique de la France, et de suivre ainsi les faits dans leurs diverses évolutions. Je terminerai, monseigneur, par cette considération que la formation des commissions de statistique n'est point un fait sans précédent, et qu'il ne s'agit pas ici de tenter une expérience douteuse. Une institution analogue fonctionne en Belgiquë depuis 18Z11 ; en Prusse, depuis quelques années, mais polir la statistique agricole seulement; en Wurtemberg, où elle a été instituée par une ordonnance de 1610; eii Sàxe, 'èh Bavière et dans la Hesse-Darmstadt. En Angleterre, prëSque toutes les grandes villes ont dés sociétés de statistique libres qui correspondent avec la société centrale de Londres: Les travaux de ces sociétés offrent un grand intérêt; l'honneur d'en être membre est vivement recnercné, et le gouvernement n'hésite pas à les consulter dans tous lés cas ou elles peuvent le renseigner utilement. Enfin, dans notre propre pays, il existe un assez grand nombre de sociétés de statistique bu de sociétés savantes qui, presque toutes, ont une section de statistique. Ces sdciëtés ont langui jusqu'à ce jour par suite de leur isolement, 3e l'obscurité de leurs travaux, par suite surtout de l'absence d'un programme, d'une direction, d'une impulsion venue d'en haut. Elles concourront avec empressement, j'ose l'ëspérèr, à là formation des commissions cantonales dont elles' seront l'un des plus utiles auxiliaires. "3e n'hésité donc pas, monseigneur, à vous proposer de décréter la création de ces commissions. Je les crois appelées à prendre rang bientôt parmi nos institutions administrativës lés plus populaires, lés plus fécondés, si leur organisation est sagement conçue, et surtout si lé gouvernement leur prouve, par un système d'encouragement bien entendu et qui ne saurait être onéreux pour l'État, qu'elles sont i'objet constant de sa sollicitùdë. C'est l'objet du décret que j'ai l'honneur de soumettre ci-joint à votre signature^ et dont lès dispositions simples, claires, d'une application facile, rie më paraissent exiger aucune explication.