Annales des Mines (1911, série 10, volume 20) [Image 243]

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NOTICE HISTORIQUE

nière, médiocrement prospère avant 1789, avait traversé, pendant la période révolutionnaire, une crise des plus graves ; on a vu quelles en avaient été les conséquences pour la mine de Pontpéan. Pour contribuer à donner une idée exacte de sa gravité, il convient de rappeler qu'un certain nombre des intéressés des mines d'Anzin et d'Aniche renoncèrent alors à leurs parts sociales pour éviter d'avoir à faire de nouveaux versements. L'impression produite par cette période critique persistait en 1828. A cette époque, l'Administration des Mines s'estimait trop heureuse de trouver un concessionnaire qui voulût bien entreprendre l'exploitation d'un gîte minéral ; elle aurait craint de paralyser sa bonne volonté en lui imposant une charge financière quelconque à l'occasion de l'institution de la concession. Une longue période de prospérité industrielle a modifié les idées à cet égard; la mise en adjudication d'une mine abandonnée ne soulèverait probablement plus aujourd'hui d'objections de principe. •C'est la formule usitée pour la vente des mines devenues la propriété de l'État .à la suite d'une procédure de déchéance; il n'y a aucune raison pour qu'on ne l'applique pas également dans le cas de la reconstitution d'une concession sur un gisement exploité antérieurement dans des conditions permettant de présumer qu'il est encore possible ■d'en retirer une quantité de minerai réellement importante. L'historique delà reconstitution de Pontpéan, de 1828 à 1853, donne l'impression que l'intervention administrative a bien peu d'efficacité pour obliger un concessionnaire à mettre sa concession en exploitation. Pendant de longues années, l'Administration a eu recours alternativement aux avis officieux et aux mesures comminatoires, sans se décider à user de rigueur contre un concessionnaire qui était, au fond, très désireux de mettre sa concession en valeur, mais qui ne réussissait pas à se pro-

SUR L'EXPLOITATION DES MINES DE PONTPÉAN

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curer les fonds nécessaires. On doit reconnaître d'ailleurs que les menaces constantes de dépossession à bref délai ne sont pas précisément un moyen efficace pour attirer les capitaux ; elles les font fuir, au contraire. Aussi doiton reconnaître que M. Legrand, sous-secrétaire d'État aux Travaux publics, faisait une juste appréciation de l'efficacité des procédures de déchéance lorsqu'il écrivait, dans une dépêche du 18 juin 1838 : « Il est bien entendu que ce n'est que dans des circonstances graves, lorsqu'un notable préjudice est causé à l'intérêt public, que l'on doit faire usage de ces mesures de rigueur. » Cinquième période. — Phase moderne de l'exploitation (1853-1904). — La société en commandite, constituée en 1852 par M. Hunt pour l'exploitation de la mine de Pontpéan, ne. disposait en réalité que de 250.000 francs en espèces, chiffre évidemment insuffisant pour permettre une reprise sérieuse des travaux. Aussi dut-elle, trois ans après sa fondation, se transformer en réduisant de 50.000 francs son capital nominal, et en émettant de nouvelles actions pour un montant de 250.000 francs. Elle se trouva donc, à partir de 1855, constituée à un capital nominal de 500.000 francs, divisé en 4.000 actions de 125 francs chacune. Le premier gérant de la société ■ transformée fut M. Aristide Couannier, fils du concessionnaire primitif; il resta en fonctions jusqu'en 1805. M. Couannier fut remplacé par M. Brock, qui resta gérant de la société jusqu'au 30 mars 1880. A cette date, la société de Pontpéan se transforma en société anonyme, à un capital nominal de 2 millions de francs, divisé en 4.000 actions. Le 6 avril 1903, la société fut mise en liquidation judiciaire, puis reconstituée au capital de 2.500.000 francs, le 28 octobre 1903. Par suite de circonstances qui seront indiquées plus loin, la société ainsi transformée se mit en liquidation amiable, Iel6mail904.