Annales des Mines (1908, série 10, volume 14) [Image 271]

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SUR QUELQUES ASSOCIATIONS D'OUVRIERS MINEURS

Devantles Geiverbegerichte (tribunaux de prud'hommes) il a obtenu 2.524 marks pour supplément de salaires. Le Ge-werkverein assure avoir toujours essayé la conciliation pour les questions de salaires avant d'aller devant les tribunaux. Ce moyen réussit rarement. En tout, l'ensemble des sommes obtenues devant les trois tribunaux s'élève à 59.689 marks. Il est vrai qu'on en a dépensé 50.122. Le bénéfice peut paraître faible. Toutefois un certain nombre d'affaires en suspens sont susceptibles de le faire augmenter. Les dirigeants du Gew. assurent à leurs sociétaires que les 50.000 marks dépensés en rapporteront 150.000. Il est permis d'être moins optimiste. Toutefois, à coté du bénéfice matériel, qui est positif, il y a le bénéfice moral. L'ouvrier apprend à connaître son droit, à le faire respecter. Il apprend l'existence et le maniement des lois qu'on a faites pour lui, ce qui peut être un bien, si ces lois ne deviennent pas toutefois de simples outils de gue^e. Tant qu'il y aura des contrats, tant qu'il y aura des employés et des employeurs, ilj aura des contestations. Il est bon que chacune des deux parties sache qu'il existe une justice, égale pour tous. Cela ne nuit en rien, au contraire, aux bons rapports et à, l'entente. Presse. — Le journal est un organe puissant de propagande et de combat. Il répand les doctrines. C'est par lui que les syndicats donnent la publicité aux actes des exploitants qu'ils considèrent comme répréhensibles. Le journal du Gewerkverein s'appelle le Mineur (Brrgknappe\{*). Il paraît tous les samedis. Il avait autrefois quatre pages ; on l'a porté à huit pages au 1 er janvier 1907. Il est rédigé par le Conseil ou sous sa surveillance. On tend à ne plus trop insérer de longs articles, mais de (*) Knappe (dérivé : Knappsehafl) est un vieux mot moyenâgeux <[ni signifie mineur.

EN ALLEMAGNE

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petites notices, qui, plus faciles à lire, ont plus d'efficacité. Ce qui intéresse le plus les ouvriers, c'est souvent les petits faits divers où l'on rapporte les « méfaits » des exploitants. 11 faut rendre cette justice au Conseil central qu'il cherche plutôt à enrayer ce goût. Il fait- remarquer aux lecteurs que: 1° la moindre exagération de jugement peut attirer des amendes oii même de la prison, même s'il n'y a pas diffamation ; 2° leur but n'est pas l'excitation, mais l'amélioration graduelle de l'organisation du travail . Le service de presse du Bergbaulicher Verein (Gliickauf) relève très attentivement tout article des journaux ouvriers, soit diffamatoire, soit simplement faux. Les amendes ne sont pas rares. Ainsi, en octobre 1905 : 100 marks pour avoir accusé l'ingénieur de Rhein Elbe de laisser une galerie de 300 mètres dans tel état qu'il y avait danger de mort à y circuler ; 120 marks pour avoir dit que l'accident de Borussia avait tellement bien aiguisé la conscience de la direction que les hommes travaillaient maintenant trempés d'eau. Les autorités administratives et la police ne tracassent pas trop, en général, le Ohristlicher Gev. On ne peut guère citer qu'un renvoi à la frontière d'un Hollandais et de trois Italiens qui se mêlaient activement de propagande. Conférences. — Bibliothèques. — Dans toutes les sections, il y a une bibliothèque. Elle ne contient que des ouvrages sérieux. Point de romans. Les présidents de section organisent souvent des conférences et même des cours. Ceux-ci ont pour but d'instruire l'ouvrier. Ce sont de véritables cours, avec un programme défini où un nombre d'heures déterminé est attribué à chaque sujet. Ils ont lieu le soir, dans la forme de réunions publiques. La raison de ce choix curieux est